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Coronavirus : vers une saturation des réseaux internet ?

Le confinement des Français face à l'épidémie de coronavirus entraîne un encombrement des réseaux internet. Les opérateurs de télécoms en appellent notamment au "civisme numérique".

Anais Bouissou
Anaïs Bouissou édité par Bastien Hauguel

À l’heure du confinement, des écoles fermées et des parents qui télétravaillent, notre mode de consommation se retrouve chamboulé. Travailler de chez soi, faire des visioconférences, acheter ses courses en ligne, occuper les enfants devant un film... Ordinateurs et téléphones tournent à plein régime, et consomment depuis quelques jours un flux de réseau monstre. Pour simplifier, c'est comme si vous étiez le soir du nouvel an, à envoyer des messages de bonne année à tout le monde, avec un réseau tellement encombré qu’il sature un peu. Pas juste pendant une heure, mais en continu toute la journée, et potentiellement pendant plusieurs semaines.

Pour autant, cela ne veut pas dire que tout va craquer. À ce stade, les opérateurs se veulent rassurants. Toutefois, si la consommation augmente encore, il y a, à terme, un risque de surchauffe. La solution extrême, que tout le monde veut éviter, serait de brider certaines plateformes très consommatrices pour qu’elles libèrent un peu d’espace. À ce petit jeu des plus consommateurs, on trouve Netflix, la plateforme de films et séries qui, à elle seule, utilise un quart du réseau internet. Vient ensuite le jeu vidéo star des adolescents, Fortnite. Et le troisième gros consommateur, c’est une plateforme de pornographie, dont les vidéos consomment autant que des milliers de télétravailleurs.

Un "civisme numérique" demandé

Pour éviter d’en arriver à devoir choisir les services plus essentiels que les autres sur Internet, les opérateurs de télécoms en appellent donc au "civisme numérique". C'est une habitude nouvelle de consommation à prendre : consommer moins, peut-être à des heures différentes et, surtout, bien utiliser son réseau wifi, sa box, plutôt que les réseaux mobiles, qui sont plus fragiles.

Notre consommation électrique n'augmente pas pour autant. Rien que pour la journée d’hier, elle a été réduite jusqu’à 20% par rapport à un mardi classique car les entreprises, l’industrie et les commerces à l’arrêt ou qui fonctionnent au ralenti, consomment en temps normal 2/3 des ressources en électricité. Les fluctuations d’électricité sont devenues par ailleurs bien plus aléatoire. En temps normal, en journée, on a trois pics de consommation : vers 9h le matin, 12h pour la pause déjeuner et les restaurants qui tournent à plein, et 19h30 le soir, au moment du dîner. Par temps de coronavirus, la consommation d’électricité ne correspond plus du tout aux habitudes. RTE a même constaté des baisses soudaines de la consommation durant certains soirs, à 20h précises ces derniers jours. Ce sont les moments où le chef de l’État a pris la parole, où tout le monde a dû s’arrêter de consommer pour uniquement regarder son poste de télévision.

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Pour les experts chargés des régulations, ces changements de consommation rendent la tâche plus compliquée. L’électricité ne se stocke pas, il faut moduler la production en temps réel. Le réseau électrique n’est pas en danger, mais il est vrai que la France confinée, avec ses pics et ses creux de consommation mouvants, est encore un saut dans l’inconnu. Une troisième révolution de l’électricité et des réseaux, que nous découvrons en temps réel, tout autant que les inconnues sanitaires et économiques.

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