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Coronavirus : vers une délocalisation du télétravail ?

ÉDITO - Selon la Coface, 160 millions d'emplois européens seraient délocalisables dans des pays comme l'Inde ou la Pologne.

Un homme télétravaille en mai 2020 à Vertou (Loire-Atlantique)
Un homme télétravaille en mai 2020 à Vertou (Loire-Atlantique)
Crédit : Loic VENANCE / AFP
Coronavirus : le télétravail et les risques de délocalisation
03:42
François Lenglet - édité par Florine Boukhelifa

L’extraordinaire développement du télétravail, lié à l’épidémie de coronavirus, pourrait bien avoir des conséquences négatives inattendues. Selon une étude de la Coface, une société d’assurance française, son essor pourrait ainsi conduire à la délocalisation virtuelle de dizaines de millions d’emplois des pays développés vers les pays émergents. Car ce qu’il est possible de faire de chez soi, les travailleurs étrangers peuvent tout autant le faire de chez eux, pour nos employeurs, et généralement pour beaucoup moins cher que nous.

La comptabilité, l’audit des comptes, la paye... Bon nombre de tâches administratives, d'activités commerciales simples, de services aux entreprises, peut être fait à distance, comme actuellement avec le télétravail, dans les campagnes françaises grâce aux réseaux de télécoms. Demain, cela pourrait être fait à partir de villes indiennes ou indonésiennes.
 
Ainsi, 27% des emplois des pays développés comme la France seraient délocalisables. La Commission européenne va même jusqu’à 37%. Au total, le nombre d’emploi que l’on peut effectuer à distance serait de 160 millions dans nos pays, alors que dans les pays émergents, il y a 330 millions de personnes capables de les effectuer.

Presque 10% d'économies sur les coûts du travail

Comme elles ont délocalisé leurs usines il y a vingt ou trente ans, et leurs centres d’appels plus récemment, les entreprises pourraient opter pour la délocalisation afin de réduire leurs coûts. La Coface a ainsi calculé que transférer un des emplois délocalisables sur quatre à l’étranger représenterait une économie de près de 10% sur les coûts du travail.

Les entreprises pourraient être d’autant plus enclines à le faire qu’elles sont sous la pression d’un endettement élevé, et que les réticences devant le télétravail, fortes avant l’épidémie, se sont considérablement atténuées. Parmi les entreprises américaines, 36% se disent prêtes à pratiquer le télétravail intégral, alors qu’elles n’étaient que 12% avant l’épidémie.
 
En revanche, selon l’étude, il ne s’agirait pas tant du transfert des emplois existants que de la création de nouveaux postes de travail, qui se ferait plutôt à l’étranger pour des raisons de coût. Autrement dit, le processus d'exode de ces emplois prendra des années, mais pourrait exercer une pression à la baisse sur les salaires de la main-d’œuvre qualifiée, comme la migration des usines a fait stagner les rémunérations des non-qualifiés. Au plan politique, ajoute la Coface, cela pourrait déclencher le même genre de mouvement que les délocalisations industrielles, soit la remise en cause des élites et l’essor du populisme.

L'Inde et la Pologne en tête

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Pour que ces transferts d'activité puissent avoir lieu, il faut des pays avec à la fois un bon niveau de formation, des coûts du travail plus faibles, un accès aux nouvelles technologies avec des réseaux de télécoms solides et un environnement juridique et fiscal favorables au business.

Plusieurs pays réunissent tous ces critères. La Chine et la Russie tout d’abord, qui ont pourtant un handicap de taille, le risque géopolitique. Ces deux pays sont des ennemis de l’Ouest, ce qui les disqualifie largement. Arrivent alors l’Inde, en tête du classement, et, pour l’Europe, la Pologne. Les coûts du travail en Pologne sont ainsi trois fois inférieurs à ceux de la France, pour une main-d’œuvre de qualité qui n’est pas si différente. 

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