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Coronavirus : la dette publique de la France a atteint 115,7% du PIB

ÉDITO - Les chiffres de la dette publique française viennent d'être dévoilés pour la fin de l'année 2020 : la dette représente 115,7% du PIB.

Une photo prise le 14 juin 2019 à Monrouge, près de Paris, montre le logo de l’agence de statistiques Français Insee (Institut national de la statistique et des études économiques). (Illustration)
Une photo prise le 14 juin 2019 à Monrouge, près de Paris, montre le logo de l’agence de statistiques Français Insee (Institut national de la statistique et des études économiques). (Illustration)
Crédit : AURORE MESENGE / AFP
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François Lenglet - édité par Camille Guesdon

Les chiffres de la dette publique française viennent de tomber pour la fin de l’année 2020.
Avant ça, le déficit public de l'année est un déficit record : 9,2% du PIB mais moins de ce que l'on craignait. On était plutôt aux alentours de 11%. Manifestement, les administrations ont raclé les fonds de tiroir pour financer leurs dépenses. Sur la dette, on est à 2.650 milliards d'euros : c'est un petit peu moins que le trimestre dernier. Là, il y a un effet calendaire toujours au quatrième trimestre il y a les effets de trésorerie qui permettent de baisser artificiellement la dette. 

En réalité, ça remontera probablement très fort au premier trimestre prochain. Au total, on a une dette de 115,7% du PIB. Cela représente, si on calcule le montant de la dette sur la tête d'un actif, une personne qui travaille entre 15 et 64 ans : ils sont environ 30 millions. Chacun de ces actifs a sur la tête une dette de 88.300 euros. Cela représente un peu plus de 4 ans de salaire médian français (1.800 euros). Fin 2019, avant la crise Covid, la France était à 2.380. Donc quand on fait la soustraction, on arrive à 270 milliards d'écart. C'est à ce jour le coût de la dette Covid. Par tête d'actif cela représente 9.000 euros d'augmentation de dette sur l'année 2020.

La France a-t-elle déjà connu une telle dette ?

Oui, 120% du PIB, c’est a peu près le montant qu’elle atteignait au sortir de la seconde guerre mondiale. Cela donne la mesure de la crise, et surtout des dépenses que nous avons faites. Alors, c’est vrai qu’on partait, avant la guerre, d’un niveau beaucoup plus bas. En fait, la situation actuelle s’explique par le Covid, mais aussi et surtout par la dégradation avant l’épidémie, sans catastrophe particulière.

Comment s'en sortir ?

Si l’on se fie à l’histoire, il y a deux solutions. La première, c’est l’inflation, la hausse des prix et la dévaluation. C’est comme ça qu’on a tué la dette de guerre. Trois années de hausse des prix à 40 ou 45% par an. Cela multiplie les prix par trois. Les prix, les salaires et la croissance sont multipliés par trois alors que la valeur de la dette contractée les années antérieures, elle, ne bouge pas. Le seul problème c'est que ça divise aussi la valeur de l'épargne par trois. C’est l’épargnant qui est spolié. Au sortir d’une guerre, ce n’est pas si grave, parce qu’il n’y a que peu d’épargne. 

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Mais aujourd’hui, à supposer qu’on sache faire de l’inflation, ce serait évidemment beaucoup plus douloureux. L’autre solution n’est pas plus agréable, c’est d’augmenter les impôts. Dans les deux cas, c’est donc le citoyen qui paye, soit avec la dévalorisation de son épargne, soit avec l’augmentation de ses impôts. Dans les deux cas, c’est la chute de son pouvoir d’achat.

Qu'en est-il de la répudiation, le fait de ne pas rembourser ?

La France, dans son histoire, n’a fait défaut qu’après les guerres napoléoniennes, lorsqu’elle était éreintée. Même la Révolution française avait accepté de reprendre les dettes de l’ancien régime. Joseph Cambon avait récupéré ça. Si on le faisait aujourd’hui, le risque serait d’inquiéter les prêteurs. Pas seulement les étrangers, les Français également, ceux qui ont une assurance-vie, qui est investie en titre d’état. Des prêteurs inquiets, ce sont des taux d’intérêt plus élevés, donc de l’argent plus cher, donc une croissance moindre, donc moins d'emplois. 

Là encore, la victime, c’est l’homme de la rue, qui perd son emploi. Le problème d’une dette excessive, c’est que quelle que soit la route qu’on prend, on finit par la payer. Le fameux "quoi qu’il en coûte", utilisé par le Président pour justifier les dépenses de l’épidémie, aurait dû être formulé plutôt ainsi : "quoi qu’il vous en coûte".

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