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Coronavirus : la crainte d'un "mur de faillites" à venir

Avec la fin des aides aux entreprises liées à la crise sanitaire, le nombre de banqueroutes pourrait augmenter de façon exponentielle ces prochaines années.

Les fermetures successives liées aux confinements ont poussé de nombreux commerces et entreprises à mettre la clé sous la porte (image d'illustration)
Les fermetures successives liées aux confinements ont poussé de nombreux commerces et entreprises à mettre la clé sous la porte (image d'illustration)
Crédit : Maud Dupuy / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Coronavirus : des faillites à la chaîne en vue ?
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Martial You - édité par Florine Boukhelifa

Au deuxième trimestre de cette année, les faillites d'entreprises ont augmenté de 14,2% selon le cabinet Altares. Pourtant, le fameux "mur de faillites", évoqué depuis des mois, n'est pas à craindre, du moins pas tout de suite, car nous sommes peut-être en train de lisser le retour à la normal.


Pour autant, cela ne veut pas dire qu'il n'y a aucun motif d'inquiétudes. Les entreprises en train de tomber sont les plus petites, les plus fragiles : 9 faillites sur 10 sont des sociétés de moins de 6 salariés. Au cours du deuxième trimestre, une seule entreprise de plus de 1.000 personnes, Appart'City, a été placée en procédure de sauvegarde.

Certains secteurs sont plus fragiles que d'autres, parce qu'ils tardent à redémarrer et les trésoreries sont déjà à sec, notamment le bâtiment, domaine qui comprend beaucoup de petites structures. Il s'agit de faillites isolées, de petites morts silencieuses et non une grosse usine qui ferme. Ce phénomène peut en revanche nourrir une desespérance sociale et une fronde à la façon des Gilets jaunes.

Le maintien des aides aux entreprises nécessaire

En temps normal, la France enregistre 50.000 faillites chaque année. L'an dernier, 30.000 entreprises ont mis la clé sous la porte. Actuellement, le chiffre se situe autour de 20.000 et le rythme est de 5.000 par an, ce qui signifie que le pays devrait connaître autour de 35.000 faillites à la fin de l'année, avec le risque de voir remonter les banqueroutes de façon exponentielle.
 
Les aides publiques ont permis d'éviter l'hémorragie au cours des derniers mois. D'autant qu'en 2020, les créations de petites entreprises, notamment les livreurs indépendants, ont été très importantes. Cependant, alors qu'une start-up sur deux ne dépasse pas les cinq ans d'existence en moyenne, le nombre de faillites à venir qui est potentiellement plus important.

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Pour endiguer ce phénomène, il va être nécessaire de maintenir les aides aux entreprises, mais en faisant de la thérapie ciblée. L'économie des entreprises est une chaîne alimentaire darwinienne : il ne faut pas que les petits meurent car cela finirait par toucher les plus gros. En clair, les entreprises les plus fragiles vont devoir être accompagnées et l'arrosage automatique arrêté.

Pour de nombreuses PME, le motif d'inquiétude est l'augmentation du coût des matières premières, avec +15% sur l'emballage verre ou carton ou encore +25% sur les céréales alimentaires. Puisque ces hausses ne pourront pas être répercutées sur le client final, des aides de trésorerie sont nécessaires pour permettre aux TPE d'honorer leurs contrats, payées dans les temps pour maintenir leurs trésoreries à flot.

Lors de difficultés, le premier réflexe est bien souvent d'arrêter de régler les factures, mais ce procédé met les fournisseurs sur la paille. Une faillite sur quatre est dûe à des retards de paiement. Pour les cas les plus critiques, un comité de suivi a été mis en place, dirigé par Pierre Pelouzet, le médiateur inter-entreprises.

Le plus : les principaux contrats pour le creusement du tunnel Lyon-Turin obtenus par Eiffage et Vinci

Pour ce projet, vieux de trente ans, les deux groupes de BTP vont creuser la partie française du tunnel qui creuse la montagne. Cela représente un creusement de 48 kilomètres, avec pour 3 milliards de contrat. À la fin de chantier, prévu en 2030, ce tunnel deviendra le plus grand ferroviaire au monde.

La note : 2/20 aux fraudeurs épinglés par TracFin

Tracfin est la cellule de Bercy qui enquête sur la délinquance financière. L'an dernier, la France a battu des records de fraudes fiscales, détournement d'aides publiques et blanchiment d'argent avec près de 24 milliards de flux financiers douteux. En tout, 115.600 dossiers suspects, soit le double par rapport à 2015. Avec les aides publiques pour passer la crise sanitaire, les tricheurs s'en sont donnés à cœur joie.

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