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Coronavirus : comment Eurostar a évité la faillite sans aide de l'État

Les actionnaires de l'entreprise ferroviaire ont versé une rallonge de 290 millions d'euros pour la sauver de la faillite. Les États, eux, n'ont rien fait.

Eurostar, le 13 novembre 2014. (archives)
Eurostar, le 13 novembre 2014. (archives)
Crédit : ANDREW COWIE / AFP
Coronavirus : comment Eurostar a évité la faillite sans aide de l'État
02:31
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Martial You

Saint Pancras, priez pour nous ! Eurostar a été percuté de plein fouet par la Covid, mais évite le dépôt de bilan grâce à une rallonge de 290 millions d'euros. Ce sont ses actionnaires (la SNCF, la Caisse de Dépôt et Consignation du Québec, Hermès Infrastructure et la SNCB belge) qui ont remis au pot ainsi qu'un consortium de banques. Mais les États (France et Grande Bretagne), eux, n'ont pas levé le petit doigt.
 
La France ou l'Angleterre ont aidé les compagnies ferroviaires et les compagnies aériennes, ces derniers mois à grand coup de milliards pour Air France ou la SNCF par exemple... Mais, Eurostar est une entreprises apatride. Londres a cédé sa part du capital de la compagnie en 2015 et estime ne plus être lié à Eurostar. Surtout après le Brexit qui vise à prendre symboliquement ses distances avec l'Europe continentale justement. Et Paris considère Eurostar comme une entreprise anglaise car elle est basée à Londres. Résultat : une compagnie seule et orpheline.
 
D'autant qu'Eurostar a été lourdement victime de la pandémie et du confinement : son modèle économique repose sur la clientèle business qui est restée chez elle en télétravail. Actuellement, vous avez un aller-retour par jour entre Londres et Paris contre 15 en temps normal. Au total, 500 clients par jour au lieu de 12.000. Un chiffre d'affaires qui s'est effondré de... 95% !

C'est quand même aberrant de laisser une entreprise se débattre seule

Martial You

Aujourd'hui, il y a un espoir de redémarrage : on va passer à 2 allers-retours à la fin du mois ! La direction a réduit le nombre de dirigeants au son comité exécutif, a gelé une partie des primes qui peuvent représenter 30% du salaire des "roulants", renégocier les contrats de maintenance et de restauration... Ils ont fait le boulot.

Dans quelques mois, on va relancer la fusion avec Thalys pour faire une ligne business Londres/Paris/Bruxelles/Amsterdam. Avec l'incertitude sur le déplacement des cadres des entreprises. C'est quand même aberrant de laisser une entreprise se débattre seule, sans les États, au moment où on a besoin de faire bloc à l'échelle de l'économie européenne et quand on veut privilégier le train à l'avion pour des raisons environnementales.

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Avec une lueur d'espoir quand même ! Toujours pas de date mais le gouvernement a, semble-t-il, accepté l'idée de faire une ouverture-test comme il y a un concert-test afin de voir comment ça peut se passer concrètement.

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