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Confinement : "Vers une 3e récession, plus légère que les deux précédentes", note Lenglet

ÉDITO - Avec le prolongement du quoi qu’il en coûte, et les perspectives annoncées par le Président de la République hier soir, la France se prépare à de nouvelles restrictions.

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Le coût de ce nouveau tour de vis sanitaire Crédit Image : AFP / FRED DUFOUR | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet Journaliste RTL

Un troisième confinement, c’est sans doute une troisième récession, mais plus légère que les deux précédentes, et peut-être plus courte. Pour donner un ordre de grandeur, durant le premier confinement, l’économie était à - 32%, par rapport à la norme. Durant le second, en novembre, c’était - 6. Cette fois-ci, ça devrait être un peu mieux encore.
 
De quoi être relativement optimiste. Car un, les mesures ne sont pas si draconiennes. Et deux, surtout, l’économie s’est considérablement adaptée depuis un an, grâce aux protocoles sanitaires dans les usines, sur les chantiers et dans les bureaux, grâce au télétravail, grâce à l’e-commerce, grâce au vélo dans les villes.

Tout ça n’existait pas en mars dernier, et ça explique en très large partie la résistance de l’activité en ce moment. Jusqu’à tout récemment, la consommation d’électricité était normale en France, malgré les restrictions. Cela veut dire que nous avions retrouvé un rythme proche de la normale. Avec des transferts d’un secteur à l’autre, bien sûr. En gros, l’emballage et la livraison, en plein boom, compensent pour les restaurants et les théâtres fermés.

Quel impact économique ?

La fermeture des commerces non essentiels étendue à tout le pays, 19 départements la connaissaient déjà, c’est probablement 5 milliard de chiffre d’affaires en moins, en tenant compte du transfert d’activité sur internet. Cela fait 0,2 à 0,3 point de croissance en moins. Et il faut compter aussi avec la désorganisation qu’occasionne, dans les entreprises, la fermeture des écoles, des crèches, collèges et lycées. On l’a mesuré pendant le premier confinement en Europe, des écoles fermées, c’est 15% des salariés qui disparaissent, pour s’occuper de leurs jeunes enfants.

Cela sera donc le cas pour un mois, avec, c’est vrai, 15 jours qui étaient prévus de toutes façons avec les vacances de Pâques. Vacances toutefois décalées pour la plupart du pays, alignées sur le calendrier des académies d’Ile de France. Cela, ça va désorganiser les entreprises, en particulier les petites, parce qu’elles vont subir 15% d’absence. Un employé sur 6 en moins, ça coûte en production. 

Quel coût ?

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Combien cela va-t-il coûter ? Ca va coûter quoi qu’il en coûte, c'est-à-dire que le gouvernement s’en fiche. Au prix où est le milliard. Et après en avoir dépensé des centaines… Plus sérieusement, il va en effet falloir indemniser les commerces fermés et les salariés contraints de rester chez eux pour garder leur progéniture. Bercy évaluait hier soir le coût budgétaire de l’ensemble des soutiens à l’économie, ceux qui existaient avant l’allocution du président hier et ceux qui ont été déclenchés par elle, à une grosse dizaine de milliards sur le mois. Une paille, vous voyez bien !
 
Et il y a quand même une bonne nouvelle, pour les restaurants et les lieux de culture…
Pour la première fois, non pas une date de réouverture, mais un horizon : à partir de la mi-mai, réouverture progressive des terrasses et théâtres, avec des règles sanitaires strictes. On est très content pour eux… Et on est très contents pour nous.

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