1. Accueil
  2. Actu
  3. Conso
  4. Archegos, le fonds d'investissements qui donne des sueurs froides à la finance mondiale
2 min de lecture

Archegos, le fonds d'investissements qui donne des sueurs froides à la finance mondiale

ÉDITO - La vente massive d'actions détenues par Archegos a donné des frissons à la finance mondiale en début de semaine.

La place financière de Wall Street, à New York (Illustration)
La place financière de Wall Street, à New York (Illustration)
Crédit : AFP / Bryan R. Smith
Archegos, le fonds d'investissement qui donne des sueurs froides à la finance mondiale
03:18
Archegos, le fonds d'investissement qui donne des sueurs froides à la finance mondiale
03:18
François Lenglet

Et voilà que Wall Street connaît un nouvel accident financier. Un fonds d’investissements, Archegos, s’est trouvé contraint de vendre précipitamment des titres, après avoir fait des paris aventureux. Il était investi sur les bourses américaine et chinoise à hauteur de 30 milliards de dollars, pas loin du même montant en euros. Conséquence, les banques qui lui ont prêté de l’argent, Credit Suisse et le Japonais Nomura, vont perdre des milliards. Et l’affaire a fait chuter toutes les bourses mondiales. Cela semble être l’une des plus grosses faillites de fonds des dernières années, on ne connaît même pas encore l’étendue exacte des pertes. 
 
Comment des banques aussi réputées peuvent-elles se faire prendre dans des opérations aussi risquées ? C’est d’autant plus incroyable que le dirigeant du fonds incriminé, un américain d’origine coréenne, Bill Hwang, a été condamné pour délit d’initié il y a quelques années. C’est malheureusement assez révélateur des pratiques actuelles, où l’argent est tellement facile pour la planète financière qu’on prête sans retenue, et à prix incroyablement bas.

Conséquence, les acteurs les plus imprudents, voire les escrocs car il y en a aussi, parviennent à se financer sans difficulté. Plus encore que l’affaire Archegos en elle-même, c’est la multiplication des tôles récentes qui est inquiétante. Parce que c’est souvent le signe avant-coureur d’une forte secousse, voire d’une crise, sur les marchés financiers.

Les affaires de ce genre ont-elles été si nombreuses ?

Il y a eu tout récemment le scandale Greensill, une société financière qui a fait faillite et couté encore plusieurs milliards, à Crédit Suisse en particulier. Wirecard, une start up allemande qui avait bidonné ses comptes à hauteur de près de deux milliards de dollars. Credit Suisse, décidément abonné aux tuiles, figure parmi les victimes. Wework, là encore une start-up, américaine celle-ci, en pleine déconfiture.

Ce qui est frappant dans toutes ces affaires, c’est que la prudence élémentaire de la part des prêteurs et les contrôles de la part des autorités de régulation ont été oubliés. 

Comment peut-on expliquer un pareil relâchement ?

La hausse des marchés financiers, elle-même causée par les politiques de soutien massif à l’économie, aux États-Unis, en Europe, partout sur la planète, donne le sentiment que l’on gagne à tous les coups. C’est le problème des taux d’intérêt à zéro pourcent comme aujourd’hui. Ils servent en effet à stimuler l’économie, mais ils sont aussi une incitation à emprunter de façon déraisonnable, y compris pour les mauvaises affaires. Cela finit par faire disparaitre, non pas le risque lui-même, mais le sentiment du risque, la crainte de perdre.

Or, cette crainte est un élément indispensable pour stabiliser les marchés. Quand les investisseurs n’ont plus peur, ils font des bêtises. Les marchés sont alors soumis à des mouvements excessifs, à la hausse d’abord, puis à la baisse avec une sévère correction. Ce sont évidemment toujours les plus fragiles qui tombent les premiers. On prête au richissime financier Warren Buffet une formule qui résume bien la situation actuelle : quand la marée se retire, on voit ceux qui nagent sans maillot de bain. 

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/