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Le blocage du détroit d'Ormuz cache un chaos mondial sur les mers : François Lenglet explique pourquoi l'ensemble des détroits sont menacés

Le détroit d'Ormuz est aujourd'hui perçu comme l'un des points de bascule du commerce international. Il n'est pas le seul. De nombreux passages maritimes dans le monde sont menacés par des tensions politiques.

Le détroit d'Ormuz, au Moyen-Orient, le 25 juin 2025.

Crédit : Giuseppe CACACE / AFP

Ormouz : tous les détroits dans toutes les mers du globe sont en fait touchés

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Ormouz : tous les détroits dans toutes les mers du globe sont en fait touchés

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François Lenglet - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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L’attention de la planète est focalisée sur le blocage du détroit d'Ormuz. En réalité, l'ensemble des détroits internationaux et couloirs de transport maritimes se retrouve chahuté par des tensions géopolitiques inédites. Partout, les mers démontées mettent en péril le commerce international.

Le commerce mondial se fait toujours à près de 90% par voie maritime. Il est probablement encore plus stratégique aujourd’hui. Nous y sommes dépendants pour les produits que nous ne possédons pas, comme le pétrole et le gaz, mais aussi pour ceux que nous fabriquons.
Leurs composants et matières premières viennent massivement de l’étranger, à cause de la mondialisation massive des chaînes d’approvisionnement effectuée ces dernières décennies. 

D'autres détroits perturbés partout dans le monde

Par exemple, les matières qui composent les téléphones connaissent plusieurs dizaines de franchissements de frontières avant d'être regroupées et assemblées. Cela montre à quel point la sécurisation des détroits et des routes maritimes est devenue un enjeu capital pour le fonctionnement de l'économie.

Cette sécurité des passages est menacée, car l'essentiel des flux commerciaux passe par une poignée de corridors stratégiques. Ormuz est aujourd’hui bloqué, et le détroit de Bab el-Mandeb et la Mer Rouge connaissent une chute du trafic d'environ 50% à cause des attaques des Houthis, armés par l’Iran.

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En Asie, le détroit de Taïwan a été littéralement annexé par la Chine. En janvier 2026, le transit d'un navire américain a provoqué une alerte maximale de l’armée populaire chinoise. Fort de ses 1.000 km de long et 80.000 passages par an, le détroit de Malacca, situé entre l’Indonésie et la Malaisie, est tout aussi sensible aux yeux de Pékin.

Les volontés de domination s'expriment sur les mers

La situation est plus calme en Méditerranée, mais pas dans la Mer Baltique, où transite 15% du commerce mondial. Les Russes brouillent le signal GPS et déchaînent leurs armées de drones, tandis que les Chinois sectionnent les câbles de communication souterrains. Même constat en Mer Noire, où il a fallu établir un corridor sécurisé pour alimenter l’Ukraine.

Depuis toujours, et l'ère Pierre Le Grand en 1700, l’obsession de la Russie demeure l’accès aux mers froides comme la Baltique, et aux mers chaudes, comme la Mer Noire. Sans oublier le Groenland, que Donald Trump voulait annexer dans la perspective de l’ouverture de la future route polaire.

L'affrontement entre les empires semble expliquer ce bouillonnement universel. Il avait été étouffé par la supériorité écrasante de l'hyper-puissance américaine, après la chute du Mur de Berlin. Désormais, les volontés de domination se réveillent. Et elles commencent toujours par s’exprimer sur les mers, avant d'en venir à la terre.

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