1. Accueil
  2. Actu
  3. Conso
  4. Chine : Alibaba, Didi... Pourquoi Pékin s'en prend à ses sociétés technologiques
3 min de lecture

Chine : Alibaba, Didi... Pourquoi Pékin s'en prend à ses sociétés technologiques

EDITO - La société chinoise de VTC Didi vient d’être condamnée à une forte amende et interdite de recruter de nouveaux clients jusqu’à nouvel ordre.

Un VTC de la société Didi en Chine
Un VTC de la société Didi en Chine
Crédit : JADE GAO / AFP
Les Chinois s'en prennent une nouvelle fois à leurs sociétés technologiques
03:46
François Lenglet - édité par William Vuillez

Et voilà que les Chinois s’en prennent une nouvelle fois à leurs sociétés technologiques, pour les mettre au pas. Dernière victime en date : Didi, la société de VTC chinoise, l’équivalent de Uber. Cette gigantesque société fait travailler 13 millions de chauffeurs et possède près de 400 millions d’utilisateurs

Elle vient d’être condamnée à une forte amende et interdite de recruter de nouveaux clients jusqu’à nouvel ordre. Les autorités de Pékin lui reprochent des irrégularités dans la gestion des données personnelles. Le tout après une enquête d’une célérité à faire pâlir tous les limiers de cybersécurité du monde, en quelques jours à peine. 

Didi, en réponse à la sanction, a publié un communiqué disant "remercier les autorités de guider Didi dans le droit chemin", et promettre de respecter les recommandations de la façon la plus stricte. Les données mises en cause sont les coordonnées des utilisateurs bien sûr, mais aussi les informations sur leurs trajets, et l’enregistrement de toutes les conversations qui ont lieu dans les voitures, mesure prise après des meurtres de clients, en 2018. 

Pékin veut contrôler les GAFA chinois

Mais cette affaire de données est un écran de fumée. Le vrai problème, c’est la puissance croissante de l’opérateur de VTC, que Pékin veut contrer. Deux jours avant le coup de massue, Didi s’était introduit en bourse à Wall Street, de façon triomphale. C'est un peu la même histoire que celle de Jack Ma, le fondateur Alibaba, qui est l’Amazon chinois, qui s’était fait rattraper aussi par la patrouille quelques heures avant la mise en bourse d’une de ses filiales, financière celle-ci. 

À lire aussi

L’homme a quasiment disparu de la scène publique. Dans les deux cas, Pékin donne un coup de bambou sur la nuque des nouveaux nababs du pays, les GAFA chinois et leurs propriétaires milliardaires. Avec un message : n’exagérez pas, ne vous goinfrez pas.

Qu’est-ce qui fait peur au pouvoir ?

Ce qui fait peur au pouvoir, c'est l'excès de puissance et d’argent, le développement d’un système d’oligarques qui prendrait le pas sur le pouvoir politique. Il redoute aussi les troubles sociaux, avec le ressentiment des populations devant des fortunes colossales et instantanées. Et le contrôles des marchés par des opérateurs monopolistiques. Amende, prison et décision arbitraires, c’est la régulation à la chinoise des GAFA et c’est diablement efficace, plus que dans nos pays et aux États-Unis.

C’est sans commune mesure. Aux États-Unis, tout doit passer devant la justice. Facebook vient d’ailleurs de remporter une victoire très importante contre deux procès qui lui étaient intentés par les autorités antitrust, et c’est cela qui a expliqué que la valeur de l’entreprise passe la barre des mille milliards de dollars en bourse. Autre exemple, Robinhood, une société de courtage en bourse pour les particuliers aux pratiques litigieuses et mises en cause par plusieurs dizaines de procès. Elle vient d’écoper d’une amende ridicule, 70 millions de dollars, alors que l’entreprise vaut 40 milliards. 

Pour ne rien dire de l’aberration suprême, le droit qu’ont les Facebook et autres Twitter de supprimer eux-mêmes les contenus et les comptes des auteurs qu’ils jugent illégaux, sans aucune base juridique solide. Une censure privée, et scandaleuse, qui frappe par exemple l’ancien président Trump. De quoi faire éclater de rire les dirigeants communistes chinois, qui eux ne délègueraient pas le monopole de la censure à des sociétés privées. C’est le paradoxe, les pays démocratiques ne réussissent pas à contenir la puissance des GAFA, seule une dictature y parvient.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/