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Des clefs d'un bien immobilier (illustration)
Crédit : Ugo Padovani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Les professionnels du marché de l'immobilier ont pu consolider leurs données sur les six premiers mois de l'année 2026. Verdict : il est possible de parler de résilience. Le marché résiste mieux qu'attendu à la crise du début d'année avec la guerre en Iran, la reprise de l'inflation et la remontée des taux d'intérêt. Les mêmes éléments avaient déclenché la dernière dégringolade en 2022. Notamment à cause de la guerre en Ukraine. L'entièreté du secteur a eu le ventre un peu noué sur ces six derniers mois.
Les ventes se sont maintenues, d'après Charles Marinakis, patron de Century 21. À ce rythme-là, on devrait finir 2026 autour de 880.000 transactions. En légère baisse par rapport à l'année 2025 (995.000 ventes). Cela permet à tout le secteur de travailler en restant dans la moyenne.
Les tensions autour du détroit d'Ormuz ont quand même eu des incidences. Le deuxième trimestre est moins bon que le premier. D'abord, l'explosion des prix des carburants a fait baisser le nombre des visites. Est-ce que cela vaut le coup de faire 30 km de voiture pour voir une maison tandis que le litre de diesel est à 2,20 euros ? Puis, surtout pour tenter de juguler la hausse des prix, la Banque centrale européenne a remonté ses taux directeurs. Cela renchérit le coût du crédit immobilier, mais rien de dramatique jusqu'ici.
En général, quand les taux remontent, les Français empruntent moins. Mais ici, la hausse est pour le moment limitée à 0,10%. Cela donne un crédit moyen à 3,30% sur 20 ans, d'après Sandrine Allonier du courtier Vousfinancer. Les banques n'ont pas répercuté l'intégralité de l'augmentation de la BCE. Une bonne nouvelle. Elles veulent faire des crédits. Elles multiplient les opérations promotionnelles avec des taux bonifiés et des prêts à taux zéro pour y parvenir. Parce qu'elles sont en retard sur leurs objectifs commerciaux. Il faut comprendre que pour un établissement bancaire, le crédit immobilier est le meilleur moyen de capter de nouveaux clients.
Le bilan n'est pas mauvais. D'ici à la fin de l'année, son évolution va dépendre de la reprise des tensions au Moyen-Orient. Si l'inflation repart et que la BCE remonte une ou deux fois ses taux, même la meilleure volonté des banques ne suffira pas. Ce sera 30 à 50.000 transactions de moins si on reprend les prévisions de Century 21.
Au-delà des dynamiques de marché, l'autre enseignement de ce premier semestre est un changement de profil des emprunteurs. Les secundo-accédants sont en train de disparaitre de la circulation. Ce sont ceux qui sont déjà propriétaires et qui revendent pour acheter souvent plus grand. Ils étaient à l'origine de plus d'une transaction sur deux il y a quelques années. En 2026, cela représente seulement 38%.
Une situation particulièrement vraie pour ceux qui ont acheté dans les années 2020 à des taux historiquement bas, autour de 1%. Depuis cette période, les prix ne progressent plus, voire ont un peu baissé. Revendre, c'est donc prendre le risque de perdre de l'argent pour se refinancer plus cher ensuite. Et cela se traduit par un allongement des délais de vente : 105 jours en moyenne pour une maison, six de plus qu'avant. Cela n'est jamais bon signe.
Quand les primo-accédants sont chouchoutés à grands coûts de prêts à taux zéro, les jeunes propriétaires, eux, sont oubliés. Pourtant, il existe des dispositifs qui permettraient de les faire revenir. La portabilité des taux, par exemple, ou encore cette proposition de loi qui rend plus favorable l'achat d'un logement pour les familles qui ont des enfants.
Mais il risque d'y avoir un embouteillage au Parlement à la rentrée. Résilient aujourd'hui, le marché de l'immobilier pourrait bien s'enliser pour quelques années.
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