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Le ministère de l'Économie et des Finances dans le quartier de Bercy à Paris. (Illustration)
Crédit : Ludovic Marin / AFP
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Comment renflouer les caisses de l'État ? Bercy tient un comité d'alerte des finances publiques, sur fond d'incertitudes liées à la crise au Moyen-Orient. Le gouvernement veut évaluer la situation économique et "éclairer les décisions" à prendre afin de respecter la cible de déficit pour 2026. "L'objectif est d'identifier suffisamment tôt d'éventuels dérapages et de prendre des mesures correctives rapidement", a expliqué au Parisien le ministre de l'Économie Roland Lescure.
L'instance sera réunie ce mardi 21 avril au ministère des Finances. Des parlementaires, représentants de la Sécurité sociale, des syndicats ou des collectivités locales seront réunis autour des ministres de l'Économie Roland Lescure, des Comptes publics David Amiel, du Travail Jean-Pierre Farandou, de la Santé Stéphanie Rist et de l'Aménagement du territoire Françoise Gatel.
Sans attendre ce grand raout, le gouvernement a déjà légèrement revu à la baisse sa prévision de croissance économique, à 0,9% en 2026 (contre 1% prévu avant), et révisé à la hausse sa prévision d'inflation, à 1,9% (contre 1,3% avant). Il maintient en revanche son objectif de 5% de déficit cette année et son engagement à le faire passer sous la barre des 3% en 2029, comme demandé par Bruxelles.
Ce comité est donc sous haute tension. Alors que le gouvernement s'était félicité fin mars d'un déficit 2025 moins élevé que prévu - 5,1% du PIB contre 5,4% selon les prévisions de l'Insee - la guerre au Moyen-Orient a bousculé l'économie mondiale et donc française. Les prix du pétrole et du gaz ont notamment flambé depuis la fermeture du détroit d'Ormuz, à la suite de l'offensive israélo-américaine, fin février.
Et la guerre en Iran coûte cher aux finances publiques. Le gouvernement a déjà annoncé 130 millions d'euros de dépenses de soutien face à la crise : 70 millions pour aider transporteurs, pêcheurs et agriculteurs, et 60 millions pour renforcer le chèque énergie.
Mais c'est surtout la charge de la dette, soit le taux d'intérêt auquel la France emprunte sur les marchés, qui pèse lourd dans le budget. Selon Bercy, le conflit entraîne "un renchérissement significatif du service de la dette", avec un coût de la crise "estimé aux alentours de 4 milliards" d'euros.
Avec environ 75 milliards d'euros d'ici la fin de l'année, la charge de la dette devient le premier poste de dépense devant l'Éducation nationale. Un constat implacable qui nécessite une réaction de l'exécutif. Le gouvernement va ainsi devoir annoncer une première salve de mesures d'économies d'environ de 4 milliards d'euros, selon une information des Échos.
Selon Le Monde, leur total devrait même atteindre 6 milliards d'euros, dont environ 2 milliards pour la Sécu et 4 milliards pour l'État. Un montant qui n'a pas été confirmé, ni infirmé, par Bercy. Des annulations de crédits de l'État et de la Sécurité sociale pourraient être concernées. Selon le quotidien national, certains crédits seront aussi provisoirement gelés. "Toute dépense publique nouvelle qui pourrait être rendue nécessaire par la crise" entraînera "une annulation d’une dépense qui était prévue, à l’euro près", avait prévenu, fin mars, David Amiel.
La piste d'un nouveau coup de rabot sur les exonérations de cotisations patronales sur les salaires jusqu'à trois smic serait à l'étude, indique Les Échos. "Les choses ne sont pas arbitrées", assure de son côté Bercy. Seule certitude, selon les informations du Monde, les collectivités locales seront à l'écart de ce plan.
L'année dernière, le comité d'alerte des Finances publiques s'était réuni à deux reprises. La première fois, le 15 avril, autour de l'ex-Premier ministre François Bayrou, qui avait alerté les Français sur le "piège" de la dette qui menace "la survie (du) pays". Puis, le 26 juin pour annoncer un coup de frein supplémentaire de cinq milliards d'euros sur les dépenses publiques afin de tenir l'objectif du déficit.
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