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Yvelines : ce mystère qui entoure les kangourous de la forêt de Rambouillet

Ils étaient 150 en 2015. On sait comment ils sont arrivés là, dans la forêt, mais on comprend moins pourquoi aujourd'hui ils disparaissent. Le magazine "Society" a mené l'enquête.

Un kangourou dans un parc (illustration)
Un kangourou dans un parc (illustration)
Crédit : JOHN THYS / AFP
Société : ce mystère qui entoure les kangourous de la forêt de Rambouillet
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Société : ce mystère qui entoure les kangourous de la forêt de Rambouillet
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Isabelle Choquet - édité par Thomas Pierre

Ce mardi, l’étrange histoire des kangourous de la forêt de Rambouillet. Des wallabies, plus exactement. Même dégaine de boxeur à grosses cuisses, mais ils sont plus sombres et plus petits. On sait comment ils sont arrivés là, on comprend moins pourquoi aujourd’hui ils disparaissent. Le magazine Society a mené l’enquête.

Les kangourous, longtemps, ça n’a été qu’une rumeur de cueilleurs de champignons. “Les gens qui en voyaient, ils hésitaient à le dire, de peur de passer pour des cons", dit un chasseur. Ou qu’on leur réponde : ‘Mais oui, bien sûr. T’étais bourré ?". Il faut dire que le wallaby n’est pas facile à reconnaître. “Il a le même pelage que le chevreuil",  explique le chasseur. C’est quand il saute qu’on le reconnaît.” On a fini par les compter : en 2015, ils étaient 150.

Ces mini-kangourous n’ont jamais vu la Tasmanie, ils viennent du zoo de Bâle en Suisse. Dans les années 70, le directeur en offre 7 à un de ses amis, un certain René Jamous. Le châtelain possède à l’époque un parc zoologique, la réserve de Sauvage, dans le village d’Émancé. Son truc c'est les oiseaux, il a un genre de mépris pour les marsupiaux, des animaux ni spécialement rares ni particulièrement beaux et “cons comme des brêles”, je cite, mais il accepte quand même le cadeau. 

Les wallabies se font la malle

Le parc est géré "à la comme j’te pousse", via une association bidon dirigée par un châtelain voisin. "On avait un vétérinaire qui soignait à l’œil", dit Xavier de la Baume. "On nous donnait des poussins morts pour nourrir les oiseaux ; on avait des employés libanais et des Polacks payés à la mano". 

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Évidemment, l’entretien du site est du même tonneau, l’enceinte est un vrai gruyère, et très vite les wallabies en profitent pour se faire la malle. Combien au total? "Aucune idée", balaie de la Baume, "je dirais une cinquantaine, mais je ne sais pas trop combien on en possédait . On ne les a jamais comptés. Ni déclarés, d’ailleurs".

Les wallabies vont se reproduire comme des lapins (si on peut dire). Le climat tempéré leur va très bien et avec leur poche ventrale, ils mettent leurs petits à l’abri des prédateurs. Du coup les accidents de la route se multiplient. La mairie d’Émancé finit par délivrer des attestations de présence des kangourous sur son territoire, parce que "quand un automobiliste heurte un wallaby, son assureur a souvent du mal à le croire”

"Les wallabies emmerdent les cerfs"

Mais tout ça, c’était avant. Depuis cinq ou six ans, les kangourous ont disparu. Les premiers soupçons se sont portés sur les chasseurs. "Les wallabies emmerdent les cerfs sur les places de brame", râle Xavier de la Baume, "pendant le rut, ces cons viennent sauter autour d’eux et les dérangent". Un rabatteur anonyme balance : "Un riche propriétaire a fait flinguer au silencieux tous les wallabies qui rôdaient dans ses sous-bois, ni vu ni connu, et personne ne l’a emmerdé". Légalement, la France n’interdit pas de chasser le marsupial, c’est un vide juridique. 

L’autre explication, c’est la vogue des NAC, les “nouveaux animaux de compagnie”. Sur Leboncoin, on trouve des dizaines d’annonces, de 200 à 1.200 euros. Il faut dire que les wallabies sont des proies faciles. “Un cerf ou un sanglier, ça décampe dès que ça entend un craquement de branches à 300 mètres", explique un vidéaste animalier. "Les wallabies, eux, on peut les approcher à deux ou trois mètres. Ils n’ont pas peur de l’homme.” Un filet ou une grande épuisette, et le tour est joué.  Bref, les wallabies de Rambouillet sont probablement victimes des chasseurs et de leur grande naïveté.

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