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2 min de lecture
Thomas raconte sur RTL son parcours peu commun qui l'a amené aux portes des services secrets.
Crédit : RTL
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Alors qu'il est tout juste diplômé de Sciences po et travaille depuis peu au Sénat, Thomas reçoit un jour un appel d’un numéro inconnu. Au téléphone, on lui parle au nom du ministère des Armées et on lui propose une rencontre, sans davantage de précisions. "On s’annonce comme le ministère des Armées et on souhaite me rencontrer", raconte-t-il. Intrigué, le jeune homme accepte ce rendez-vous fixé à Paris, dans un lieu qu’il décrit comme "interlope".
Lors de cette première entrevue, son interlocuteur se dévoile rapidement. Thomas explique que l’homme se présente comme membre de la DGSE, et lui précise qu’il appartient au "Bureau des Missions", "le bureau qui gère les clandestins, donc les espions", explique-t-il. Le processus s’enclenche ensuite sur plusieurs mois, entre entretiens, évaluations et échanges confidentiels. Jusqu’au moment où tombe cette phrase décisive : "Vous allez rentrer dans la famille des clandestins".
Au fil du recrutement, Thomas découvre ce que les services attendent d’un futur espion. Il évoque des discussions sur "le rapport à la mort et à la transgression", mais aussi une série de tests destinés à mesurer ses capacités d’adaptation. Parmi les qualités recherchées, il cite une forme de souplesse face aux règles : "Clandestin veut quand même dire hors la loi", confie-t-il. Thomas résume aussi l’exigence du métier en une formule simple : "Un espion, ça doit être monsieur Tout-le-monde", raconte-t-il.
J'ai un peu deux vies parallèles
Thomas, lorsqu'il se prépare à devenir espion en même temps qu'il travaille au Sénat
La dernière étape prend la forme d’une semaine de mise en situation. Thomas dit ne pas pouvoir en révéler tous les détails, mais il décrit plusieurs exercices concrets. Il doit par exemple "tamponner des personnes", c’est-à-dire approcher des inconnus pour obtenir "un numéro de téléphone, une adresse, une situation, une profession". Dans un autre test, ses instructeurs lui demandent de créer une diversion dans un café ; il improvise alors un faux concours d’éloquence et récite "la tirade des Non, merci de Cyrano de Bergerac".
D'autres exercices consistent à entrer dans un immeuble, franchir un digicode puis convaincre un habitant de le laisser accéder à sa fenêtre. Thomas raconte qu’il se fait passer pour "professeur principal dans le lycée d’en face" afin de prendre des photos destinées, prétend-il, à la mairie de Paris. Pendant près d’un an, il mène ainsi une double vie, tout en continuant son activité de collaborateur parlementaire. "J’ai un peu deux vies parallèles", résume-t-il.
Après cette longue phase de sélection, la DGSE lui confirme finalement qu’elle veut l’intégrer. Mais Thomas renonce. Entre-temps, il a rencontré Marie, celle qui partage toujours sa vie aujourd’hui. Il lui révèle alors ce recrutement tenu secret et mesure ce qu’impliquerait une telle carrière. "Notre relation ne peut pas se bâtir sur un mensonge", explique-t-il. Il choisit finalement une autre voie et travaille désormais "dans une association qui s’occupe des personnes en situation de grande vulnérabilité", afin de pouvoir vivre pleinement sa relation amoureuse.
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