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"Je ne savais plus pourquoi mes amis étaient mes amis" : elle perd une partie de sa mémoire après des séances d'électrochocs

Hospitalisée pour une dépression résistante, Christine accepte l’électroconvulsivothérapie (ECT) avec espoir. Mais à la 16e séance, tout bascule : elle se réveille dans un trou noir, incapable de se reconnaître, de situer ses proches ou de retrouver une partie de sa vie. Dans "Un jour, une vie", elle revient sur événement traumatisant .

Après 16 séances d'électroconvulivothérapie, Christine a perdu une grande partie de sa mémoire. Elle témoigne sur RTL

Christine, a oublié une partie de sa vie après 16 séances d'électrochocs

00:26:12

Alban Tardy

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Christine pensait avoir trouvé une issue face à une dépression devenue résistante aux traitements. Après plusieurs mois d’hospitalisation, ses médecins lui proposent l’électroconvulsivothérapie, plus connue du grand public sous le nom d’électrochocs. Il s'agit d'une technique médicale dans laquelle le patient est endormi. Une stimulation électrique déclenche alors une crise d’épilepsie très courte, censée atténuée les effets de la dépression. Christine accepte, mais ce traitement va provoquer chez elle un basculement dont elle mesure encore les effets, dix ans plus tard.

Au fil des séances, Christine croit d’abord percevoir une amélioration. Puis vient le 16e rendez-vous. À son réveil, tout s’effondre : "Le néant, le trou noir", raconte-t-elle. Elle ne sait plus où elle est, ni ce qui vient de lui arriver. Surtout, elle décrit une expérience radicale, où elle en oublie jusqu'à sa propre nature : "Je ne savais même plus que j’étais un être humain", confie-t-elle. 

J’avais oublié essentiellement les personnes qui constituaient mon environnement

Christine, victime d'une perte de mémoire après une séance d'ETC

Les médecins la rassurent alors, lui expliquant qu'il est possible de perdre momentanément la mémoire après les électrochoc. Mais très vite, Christine comprend que ces oublis dépassent largement les heures qui suivent la séance. "J’avais oublié essentiellement les personnes qui constituaient mon environnement", raconte-t-elle. Famille, amis, souvenirs autobiographiques : des pans entiers de sa vie deviennent flous ou inaccessibles. Elle dit même n’avoir "pas pu constituer son arbre généalogique" dans les jours qui ont suivi.

L’amnésie ne touche pas seulement les noms ou les dates. Elle atteint les liens eux-mêmes : "Je ne savais plus pourquoi mes amis étaient mes amis", avoue-t-elle, en décrivant cette étrange disparition de la proximité construite au fil des années. Certaines compétences professionnelles se sont également effacées. Ingénieure optique, elle découvre qu’elle ne comprend plus ses propres carnets techniques. Même l’orthographe, autrefois instinctive, doit être réapprise.

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Même si Christine a aujourd'hui retrouvé de nombreux souvenirs, sa mémoire est toujours amputée et son identité doit être partiellement reconstruite. "Il en manque une partie", constate-t-elle, à propos de sa vie d’avant. Elle ne fait pas pour autant la critique de cette thérapie, et explique même faire toujours confiance au corps médical Il n’y a qu’une seule solution : "La seule solution, c'est que quelqu’un d’autre prenne soin de soi quand on n’arrive plus à le faire par soi-même", conclut-elle. 

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