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Violences obstétricales : qu'est-ce que le label créé pour les maternités "bienveillantes" ?

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a présenté jeudi 17 octobre un nouveau label pour lutter contre les violences subies par certaines patientes.

Un bébé dans une maternité (illustration)
Un bébé dans une maternité (illustration) Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy
et AFP

Les professionnels de santé s'engagent contre les violences obstétricales. Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a présenté jeudi 17 octobre un nouveau label, attribué aux maternités "qui s'engagent à mettre la bienveillance au centre" de leurs activités et "qui acceptent la transparence" sur leurs pratiques.

Ce label, dont le projet avait été annoncé fin 2017, est l'une des réponses de la profession aux accusations de "violences obstétricales" qui avaient émergé quelques mois plus tôt sur les réseaux sociaux et dans les médias, témoignant de gestes médicaux inappropriés ou pratiqués sans consentement.

Les maternités labellisées "CNGOF" s'engagent à respecter 12 critères, tels que la possibilité pour les patientes de "vivre un accouchement démédicalisé" en l'absence de facteur de risque, l'amélioration de l'information des femmes enceintes ou la transparence sur leurs taux d'épisiotomie, d'accouchements déclenchés et de césariennes, a expliqué le président du CNGOF, Israël Nisand, au cours d'une conférence de presse.

Une dizaines d'établissements labellisés

L'évaluation du respect de ces critères sera en partie confiée "aux femmes elles-mêmes", avec un questionnaire "trois jours, puis trois mois après leur accouchement", souligne le CNGOF. "Nous sommes la première spécialité médicale à procéder ainsi et chaque établissement labellisé disposera d'un précieux baromètre de qualité", ajoute la société savante.

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Une soixantaine d'établissements ont demandé à en bénéficier et une dizaine sont déjà labellisés de façon provisoire, sur la base de leurs statistiques d'activité actuelles et de leur engagement à respecter cette démarche de "bientraitance". Le respect des critères sera ensuite vérifié tous les ans pour prolonger ou retirer le label.

Une plateforme pour informer les patientes

L'amélioration de l'information des patientes s'appuie sur un site internet, Maternys, qui, loin des austères documents d'information au patient, proposera vidéos thématiques et infographies en 3D illustrant le suivi de la grossesse, le déroulement de l'accouchement et la prise en charge post-natale. 

Développé par la société Persomed, le site a tout de même un coût (5 euros par patiente), mais qui sera pris en charge par les maternités labellisées. Cette plateforme servira également de support pour recueillir la satisfaction des femmes sur leur suivi de grossesse et le déroulement de leur accouchement. 

"C'est une très bonne idée", qui "donne aux maternités l'obligation de se poser la question de comment elles peuvent s'améliorer", estime Patrick Fournet, gynécologue-obstétricien à Mont-Saint-Aignan, près de Rouen (Seine-Maritime), dont la maternité est la première à avoir obtenu ce label.

Pour mieux diffuser cet outil, le professeur Nisand demande un soutien politique à la ministre de la Santé Agnès Buzyn et à la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

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