1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. Tour de France : le mouvement de protestation des coureurs, loin d'être une première
2 min de lecture

Tour de France : le mouvement de protestation des coureurs, loin d'être une première

FACT CHECKING - Le 29 juin, les coureurs du Tour de France ont mis pied à terre pour protester contre le manque de sécurité autour de la grande boucle. Contrairement à ce qui a pu être dit, ce mouvement n'est pas une première.

L'avant du peloton sur le Tour de France le 27 juin 2021
L'avant du peloton sur le Tour de France le 27 juin 2021
Crédit : Thomas SAMSON / AFP
Tour de France : le mouvement de protestation des coureurs, loin d'être une première
03:23
micro générique
Jean-Mathieu Pernin - édité par Nicolas Barreiro

Ça glisse, ça percute, ça tombe. Cette année le Tour de France a des airs de course de stock-car. Sept coureurs ont déjà quitté la grande boucle depuis le début de la compétition. Résultat : le 29 juin les cyclistes engagés ont mis pied à terre après le premier kilomètre en protestation contre le manque de sécurité.

Contrairement à ce que certains ont pu croire, cette protestation est loin d’être une première. Ouvrons le grand placard à archives de l’audiovisuel français et partons en 1966. L’étape Bordeaux-Bayonne est perturbée par un mouvement de colère. L’apparition des premiers contrôles anti-dopage révulse les coureurs et, fait rarissime dans la grande boucle, ils vont mettre pied à terre.

"Le départ a été donné sans incident mais, après cinq kilomètres à faible allure, les coureurs mettent pied à terre", commentait alors le regretté Robert Chapatte. "Leur geste est une manière de protestation contre les contrôles qu'ils estiment infamants. Pendant près de trois minutes, vélo à la main, ils ont marché sur la route sans abandonner pour autant leur bonne humeur".

Des protestations et des grèves

Le 29 juin avant cet arrêt de quelques instants, certains journalistes parlaient de grève dans le peloton. La menace est lourde de sens et les meneurs comme les porteurs de bidons se sont déjà lancés dans ce genre d’action. En 1978, les demi-étapes sont encore monnaies courantes au Tour de France : il s'agit alors à l'époque de courir une demi-étape le matin et son pendant l'après-midi. 

À lire aussi

C'est le cas de la 12e étape, qui relie dans la matinée Tarbes à Valence d'Agen avant de rejoindre Toulouse en fin d'après-midi. Les coureurs n’en peuvent plus et en arrivant à Valence d’Agen ce jour-là, ils vont mettre leur menace à exécution. "Les coureurs se présentent sur la ligne d'arrivée. On dirait un sprint au ralenti, en réalité il n'y en aura pas ça, ces hommes vont mettre pied à terre. À 50 mètres de la ligne, plus question d'avancer".

Autre grève en 1998, comme un écho à la colère de 1966. L'affaire Festina éclate, une affaire de dopage. Les participants de cette 85e édition craquent devant la médiatisation de l’affaire. "Au départ de cette 12e étape, des vélos à terre et des coureurs assis. Ce n'est pas une chute mais une grève. Dans le peloton, on discute, les coureurs sont en colère contre les médias, qu'ils accusent de ne parler que de dopage". La grande boucle mettra du temps à s'en remettre.

Des phénomènes toutefois assez rares

Par crainte de paraître pour le perturbateur et de mettre en difficulté son équipe, ce genre de protestations reste rare mais a touché de nombreuses courses comme le Paris-Nice de 1991 et la protestation contre le port du casque obligatoire

Finalement en cas de problème, autant faire comme le coureur Miguel Angel Lopez dont un spectateur avait provoqué la chute sur le tour d’Italie en 2019. "Lopez, furieux, tape sur ce spectateur qui, selon lui, est responsable de sa chute". Radical, mais l’affaire est réglée.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/