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Strasbourg : quelle est la polémique autour du financement public d'une mosquée ?

La mosquée de Strasbourg, actuellement en chantier, fait l'objet d'une nouvelle polémique. La mairie écologiste a voté le principe d'une subvention de plus de deux millions d'euros, qui n'est pas au goût de tous.

Cette mosquée, Eyyub Sultan, est en construction dans le quartier de la Meinau.
Cette mosquée, Eyyub Sultan, est en construction dans le quartier de la Meinau.
Crédit : Frederick FLORIN / AFP
Marie-Bénédicte Allaire

La mosquée de Strasbourg, en chantier, qui s'annonce comme la plus grande d'Europe, fait l'objet d'une nouvelle polémique. La mairie écologiste a voté le principe d'une subvention de plus de deux millions d'euros. 

Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, s'indigne car la fédération qui soutient cette mosquée, a refusé de signer la charte des principes de l'islam de France. Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, chargée de la Citoyenneté, surenchérit ce mercredi 24 mars au matin, estimant que les écologistes "flirtaient dangereusement avec les thèses de l'islamisme radical".

Sandra Regol, porte-parole d'Europe Écologie les Verts (EELV), lui répond aujourd'hui, au micro de RTL : "Je vous rappelle que cette mosquée n'a pas été lancée par Jeanne Barseghian [maire EELV de Strasbourg, NDLR]. La première pierre de cette mosquée a été inaugurée par l'ancien maire, Roland Ries, qui n'est pas très loin de la République en marche. C'était en 2017, et cette année-là, Emmanuel Macron était déjà président de la République. À cette inauguration, se trouvait également l'ancienne maire, Fabienne Keller, qui est aujourd'hui une députée européenne En marche ; ainsi que le représentant de l'État, le préfet Jean-Luc Marx. Deux choix : soit cette association était dangereuse, et les autorités ont fermé les yeux, soit elle ne l'est pas, et ce n'est qu'un coup politique. Dans les deux cas, c'est quelque chose de très grave."

Une polémique en lien avec le gouvernement turc

Pour rappel, le conseil municipal a approuvé, lundi 22 mars, par 42 voix contre 7, une délibération en faveur du "principe de subvention" de 2,563 millions d'euros "pour la construction" de ce lieu de culte. Le budget total s’élève à 32 millions d’euros, autrement dit, un peu plus de 25,6 millions d'euros pour la mosquée elle-même. 

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Cette mosquée, Eyyub Sultan, est en construction dans le quartier de la Meinau. La polémique s'explique par les raisons suivantes : l'association islamique Millî Görüs, porteuse du projet, est accusée d'entretenir des liens politiques avec le gouvernement turc

Bien qu'elle ne soit pas directement liée à ce dernier, et par conséquent ne bénéficie d’aucun financement de la part d’Ankara, il a par ailleurs été reproché à cette association d’avoir refusé de signer la "Charte des principes pour l'islam de France", comme l'indiquait France 3 dans un article publié ce mardi 23 mars. Ce texte a été promu par le président Emmanuel Macron, dans le cadre de sa lutte contre le séparatisme.

En Alsace-Moselle, une règle en vigueur depuis 1802

Aussi, il est reproché à cette association d’avoir contribué au retrait du pays de la convention d’Istanbul, comme le précisent nos confrères de France 3. En effet, le gouvernement turc a déclaré se retirer, au cours de la nuit du vendredi 19 au samedi 20 mars, de la convention européenne pour la lutte contre les violences faites aux femmes
La Turquie avait jugé que cette convention "détruit la cellule familiale et encourage l’homosexualité".


En Alsace-Moselle, contrairement au reste de la France métropolitaine, les cultes peuvent bénéficier de subventions publiques, comme le rappelle Le Monde dans son article. C'est notamment le cas lorsqu’un édifice religieux est construit. Cette règle est le fruit d’une disposition du droit local, issu du régime concordataire de 1802. Ce dernier n’a pas été aboli en 1905 sur ces territoires, qui étaient alors sous occupation allemande, ni par la suite. 

Bien que l’islam ne figure pas parmi les quatre religions reconnues par ce droit, dans un souci d’équité, une délibération du conseil municipal strasbourgeois a décidé en 1999 d’appliquer la règle à l'ensemble des cultes, précisent nos confrères. Cette subvention représente 10 % des travaux.

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