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Des enfants montants dans un bus scolaire (illustration)
Crédit : AFP / Archives, Franck Perry
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8.000 chauffeurs scolaires manquaient à l'appel avant la rentrée 2022, 6.000 au mois d'août dernier. Le gouvernement et le ministère des Transports font tout pour améliorer la situation : une hausse des grilles salariales, un abaissement de l'âge d'accès au permis de conduire D à 18 ans, l'ouverture de nouvelles filières de formation. Mais il reste des zones rurales avec des plans de transport "allégés". En Seine-et-Marne, parents et élus sont surtout remontés contre la formation de certains chauffeurs, qu'ils jugent "trop accélérée".
Dans ce département, plus précisément dans la communauté de communes autour de Montereau-Fault-Yonne, des chauffeurs ont été trouvés mais visiblement pas assez formés : les couacs et retards se sont multipliés, certains bus ne passent plus et les parents ont décidé d'alerter les élus.
Sur les lignes 201, 202, 209, 2010 et 211, la société Transdev a recruté 15 chauffeurs, des jeunes puisque pour palier cette pénurie récurrente, on a abaissé en France l’âge d’accès au permis de conduire D de 21 à 18 ans, et puis des personnes en reconversion professionnelle. Le permis D, comme pour la voiture, impose de passer le code puis la pratique où l'on conduit un car pendant 70h minimum. C'est ce qu’ont fait ces 15 nouveaux chauffeurs, sauf qu’une fois ajoutés les enfants, les nouveaux horaires, les arrêts en pleine campagne, l'apprentissage du métier s'est fait un peu dans l'urgence et les problèmes se sont accumulés au même rythme que l’exaspération chez certains parents.
"Stressée, excédée. Des retards de 15-20 minutes très régulièrement... 45 minutes... alors ça veut dire que le bus ne passe plus à ce moment-là. Donc il y a eu des enfants qui ont été oubliés et qui n'ont pas pu aller certains jours au collège parce que les parents étaient déjà partis au travail", résume Mélanie, mère de deux filles, collégiennes. Avant de reprendre : "Oubli aussi des arrêts, et c'est surtout l'incertitude : plusieurs fois des enfants nous ont dit qu'ils devaient indiquer les arrêts et l'itinéraire au chauffeur". Une mère, comme d'autres parents, qui avec l'accumulation des couacs en était venu à se demander simplement si ses enfants allaient bien arriver à l'école.
Le fils de Julien, âgé de 13 ans a eu, avant les vacances de la Toussaint, un accident de la route sur la ligne 201. Il met en cause plus que la ponctualité, les compétences du conducteur du car : "Il a serré trop son virage, pris un poteau qui a brisé la vitre sur la tête de mon enfant ! Ah bah il a eu assez peur parce qu'il avait plein de bouts de verre dans les cheveux. Il a à peine demandé au gamin si ça allait, il a continué sa route. Cela aurait pu être beaucoup plus grave, c'est ça qu'on reproche et on veut pas lâcher l'affaire à ce niveau-là".
Julien a déposé une main courante au commissariat. La société Transdev, qui exploite la ligne incriminée, assure avoir pris des nouvelles de l'enfant qui n'a pas été blessé, avoir "fait le nécessaire" et que la situation est déjà en train de s'améliorer : elle a mieux formé ses employés pendant les vacances de la Toussaint, recruté plus de personnel mieux qualifié et plus aucun retard n'a été constaté depuis la reprise des cours.
L'entreprise concède néanmoins qu'il n'est pas toujours facile de former totalement et dans l'urgence un nouveau conducteur, qui plus est avec des horaires qui changent radicalement à chaque rentrée avec la carte scolaire. Une explication qu'ont du mal à entendre les élus de Seine-et-Marne comme François Deysson, le président des maires ruraux du département. "Ce qu'on dit nous en Seine-et-Marne, c'est pareil au fin fond de la Creuse : dès qu'on est en ruralité, on ne se déplace pas aussi facilement qu'en ville, et on ne peut pas prendre simplement ses petites jambes voire son vélo pour faire 30-40 kilomètres pour aller dans un lycée éloigné", explique l'édile, qui assure que tous les élus se battent avec acharnement pour réclamer "des chauffeurs, pas des chauffards".
En août dernier, 6.000 chauffeurs manquaient à quelques semaines de la rentrée. Et pourtant, le ministère des Transports fait tout pour en recruter comme l’explique Jean-Sébastien Barrault, le président de la Fédération Nationale des transports de Voyageurs : "On vient de resigner un accord pour augmenter les rémunérations à nouveau de plus de 4,3%. Cela fait deux ans que nous avons le permis à 18 ans et depuis le mois d'avril, nous avons désormais un CAP qui forme au métier de conducteur. Et maintenant, nous commençons à ouvrir des filières de formation de jeunes au métier de conducteur qui n'existaient pas avant".
L'objectif est de rendre le plus attractif possible ce secteur du transport scolaire et d'accentuer l'emploi des jeunes pour palier le manque d'effectif. Le gouvernement affirme que plusieurs effets de ces mesures sont déjà visibles sur le terrain notamment dans la région Grand-Est mais que les décisions prises donneront pleinement satisfaction sur le long terme. Près d’1,8 million d’élèves doivent se rendre tous les matins dans leur établissement grâce au transport scolaire.
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