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Saint-Denis : un campement de plus de 2.000 migrants démantelé

Cette opération supervisée par la préfecture de police de Paris visait à mettre à l'abri les quelque 2.400 migrants présents depuis l'été au pied du Stade de France.

Un campement de migrants à Paris (illustration)
Un campement de migrants à Paris (illustration) Crédit : ERIC FEFERBERG / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
et AFP

C'est une vaste opération d'évacuation de camp de migrants et de "mise à l'abri" de ces derniers qui a eu lieu ce mardi 17 novembre. Au pied du Stade de France, en Seine-Saint-Denis, ils étaient plus de 2.000 personnes entassés dans des conditions précaires, alors même que la crise sanitaire impose des conditions strictes. 

L'évacuation a débuté sur les coups de 7h00, avec un dispositif policier important et des journalistes tenus à l'écart, rapporte l'AFP. Les exilés, principalement des hommes seuls venus d'Afghanistan, mais aussi du Soudan, d'Ethiopie ou de Somalie, ont été dispatchés dans 26 centres d'accueil et gymnases d'Île-de-France

Dès 4h30, des migrants attendaient d'être pris en charge, dans une opération conjointe de la préfecture de police de Paris, de la préfecture de la région Île-de-France et de Seine-Saint-Denis. Aux alentours de 10h00, les premiers des 70 bus prévus, remplis d'une cinquantaine de migrants dont des familles, sont partis vers les centres, le plus souvent dans le calme, mais parfois dans la confusion.

Mettre à l'abri "les personnes en situation régulière"

Selon des associations présentes dans le camp, les forces de l'ordre ont aspergé de gaz lacrymogène des migrants dont des enfants attendant de monter dans ces bus. Selon le décompte de l'association France terre d'asile, opératrice de l'État, environ 2.400 exilés vivaient la veille encore dans ce camp qui n'a cessé de grossir depuis août.

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Le préfet de police de Paris Didier Lallement a déclaré dans un communiqué que "ces camps ne sont pas acceptables". Il a assuré que cette opération avait pour but de faire en sorte que "les personnes en situation régulière puissent trouver un abri nécessaire". Celles en situation irrégulière "n'ont pas vocation à rester sur le territoire", a-t-il souligné.

Dans un premier temps, toutes ces personnes feront l'object d'un test Covid-19 et seront isolées en vas de résultat positif. En cas de non contamination, les migrants seront mis à l'abri. Beaucoup sont auparavant passés par d'autres campements à Paris, successivement démantelés.

Depuis la crise migratoire de 2015, c'est le 65e démantèlement de grande ampleur, pour près de 300 opérations dites de "mise à l'abri".

La crainte d'un cluster Covid-19

"Comment ce campement a pu se développer en état d'urgence sanitaire, où le respect des gestes barrière est impossible et où les personnes vivent dans l'insalubrité totale ?", regrette Louis Barda, coordinateur général à Médecins du Monde Paris.

Alix Geoffroy, chargée de programme CEDRE-Secours catholique, à la fois "soulagée" et "inquiète" par cette mise à l'abri souhaite qu'"il y ait une pause de la rue pour ces personnes le temps du confinement". "Le prochain campement sera-t-il encore plus éloigné en banlieue, éloigné des douches, des distributions alimentaires et des démarches administratives ?", se demande-t-elle.

Dans un communiqué publié mardi, une trentaine d'associations et collectifs, comme la Cimade ou Solidarité Migrants Wilson dénoncent le "cycle sans fin et destructeur" des évacuations. Début octobre, Médecins sans frontières a publié une enquête sur le niveau d'exposition au Covid-19 parmi les grands précaires en Île-de-France.

L'étude révèle de fortes disparités selon les types de sites sur lesquels les personnes ont été testées: ainsi, dans les 10 centres d'hébergement où elle intervient, le taux de positivité atteint 50,5%, contre 27,8% sur les sites de distribution alimentaire et 88,7% dans les deux foyers de travailleurs migrants.

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