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Renault : pourquoi le groupe automobile doit-il faire face à une restructuration ?

ÉCLAIRAGE - Une grosse restructuration attend le groupe Renault, dans le cadre d'un programme d'économie de deux milliards d'euros. Elle sera annoncée dans huit jours.

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Renault : pourquoi le groupe automobile doit-il faire face à une restructuration ? Crédit Image : JOEL SAGET / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Camille Sarazin

Que se passe t-il chez Renault ? Les indiscrétions parues dans la presse font état d'usines qui fermeraient en France. C'est une grosse restructuration qui est prévue, et qui sera annoncée dans huit jours exactement, dans le cadre d'un programme d'économie de deux milliards d'euros. C'est énorme. Fermetures d'usines, à Dieppe, à Caudan en Bretagne et à Choisy le roi, redimensionnement profond de Flins, en région parisienne. 

Mais cela ne concerne pas que les usines. Les cols blancs seraient aussi concernés, avec une importante réorganisation de la recherche et du développement, et des suppressions d'emplois. Renault a cinq ans de retard sur Peugeot en termes de productivité, selon un connaisseur de l'entreprise. Et cela ira au-delà des frontières, les développements au Maroc ou en Slovénie par exemple seront stoppés net, ainsi que tout extension à l'étranger.
 
Est-ce que cela veut dire qu'il y aura des licenciements ? Pas pour l'essentiel, les suppressions d'emploi se feront par départs volontaires et départs à la retraite. Seul le cas de Caudan, en Bretagne, serait différent avec un éventuel plan social. Il y a là près de 400 salariés, dans une usine de Fonderie qui avait dû cesser sa production pour cause d'incendie et qui ne l'a repris que très partiellement.

Un problème de surcapacité

La situation est donc si grave chez Renault ? C'est plus que sérieux. Deux causes se conjuguent. Une conjoncture automobile détestable à cause du confinement, qui a fait s'effondrer les ventes. Et surtout une incroyable surcapacité, qui était bien antérieure et qui rend l'outil industriel de Renault complètement inadapté.

À Sandouville, la production est de 120.000, pour une capacité de 300.000. A Douai, 80.000 véhicules sortent des chaînes, pour une capacité de 400.000, à Maubeuge, c'est 80.000 pour 250.000. En fait, la dernière restructuration importante date de plus de vingt ans, c'était la fermeture de l'usine de Vilvorde, en Belgique, en 1997. 

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Et dans les années récentes, ça a été la course aux volumes, avec des investissements hors de proportion, que le marché ne pouvait pas absorber. C'est d'ailleurs la même chose chez Nissan. Cette restructuration, c'est la facture, on l'espère finale, qu'a laissée Carlos Ghosn.

La gamme actuelle s'épuise

Ça veut dire que leurs voitures n'intéressent plus ? Malheureusement, la gamme actuelle s'épuise. L'Espace et la Scenic pourraient s'arrêter, la Kadjar, un SUV moyen, n'a pas réussi à percer face au 3008 de Peugeot. Et même l'Alpine, la sportive, qui avait fait un début en fanfare, retombe lourdement. Ses ventes à l'étranger sont insignifiantes. L'usine de Dieppe, qui n'en fabrique plus que 7 par jour, est l'un des sites qui va être fermé.
 
Mais si Renault va toucher 5 milliards d'aide de l'état, c'est bien pour préserver l'emploi en France, non ? Des milliards pour maintenir une situation structurellement déficitaire en préservant l'emploi à tout prix, ce serait jeter l'argent public à la rivière. Avant même l'épidémie, Renault était en perte. Les aides publiques sont faites pour préparer l'avenir, pas pour le fermer. 

Souvenez vous de la nationalisation de General Motors, faite par Obama. C'est l'Etat américain qui a fermé les usines sur-capacitaires et les dizaines de milliers de concessions en trop, ce qui permis la renaissance éblouissante du constructeur. C'est ce que vise aujourd'hui Renault : reconstruire la base française productive et compétitive dont l'entreprise a besoin, pour rebondir à partir de la France. Ça suppose malheureusement de passer par une phase difficile. 

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