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Radicalisation : l’université de Cergy suscite un tollé avec une "fiche de détection"

Un document destiné à repérer les "signaux faibles de radicalisation" à l'Université de Cergy-Pontoise (Val d'Oise) a provoqué de vives réactions lundi. Parmi eux : le port du voile ou de pantalons "à mi-mollet".

Une femme portant le voile (illustration).
Une femme portant le voile (illustration). Crédit : Unsplash/Nicola Fioravanti
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy
et AFP

Absentéisme récurrent aux heures de prière, changement de tenue vestimentaire, arrêt de l'alcool... L'université de Cergy-Pontoise (Val d'Oise) a reconnu lundi une maladresse après la diffusion d'un message à ses personnels visant à détecter des "signaux faibles de radicalisation". Le document polémique a depuis été "retiré", a indiqué l'université à l'AFP.

"Appel à la vigilance": voici l'objet du mail reçu lundi par les 1.800 personnels de l'université, en provenance de la boîte mail du responsable sécurité, également "référent radicalisation" de l'établissement. Y étaient détaillés les différents types de "menaces d'attaques terroristes", notamment la "menace endogène", c'est-à-dire directement liée aux personnes fréquentant l'université.

Dans un fichier Excel attaché étaient listés des "signaux faibles" susceptibles d'alerter, par exemple un changement de tenue vestimentaire (le port de pantalon dont les jambes s'arrêtent à mi-mollets pour un homme, l'apparition d'un voile pour une femme), l'arrêt de la consommation d'alcool, un intérêt soudain pour la religion ou un absentéisme récurrent aux heures de prières...

S'ils constataient "qu'un individu (étudiant ou collègue) présente un ou plusieurs signaux listés dans cet imprimé", les personnels de l'université étaient invités à retourner l'imprimé au référent sécurité.

C'est totalement aberrant, j'ai honte

Clément Carbonnier, professeur de l'université de Cergy
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Ce message, relayé sur Twitter, a suscité de vives réactions. "Mon premier réflexe a été d'écrire un tweet pour expurger ma colère, dans l'espoir de faire réagir les collègues", a expliqué à l'AFP Clément Carbonnier, professeur de l'université, en détachement au Québec, se disant "profondément choqué". "C'est totalement aberrant, j'ai honte", a-t-il ajouté.

De son côté, le président de l'université François Germinet a reconnu auprès de l'AFP un message "extrêmement maladroit". "Il ne correspond pas à ce qu'on voulait faire passer", a-t-il regretté, tout en affirmant que certains collègues "sont parfois confrontés à des situations délicates et ne savent pas comment réagir".

"Suite au drame de la préfecture de police de Paris, il nous avait semblé nécessaire d'apporter des informations relatives à d'éventuels changements de comportement", a-t-il ajouté. Un nouveau message a été diffusé dans la soirée dans lequel l'établissement présente ses excuses et assure que le document en question a été retiré.

La semaine dernière, Emmanuel Macron avait appelé "la Nation tout entière" à "faire bloc" pour combattre "l'hydre islamiste", lors d'un hommage aux quatre fonctionnaires tués à la préfecture de police. Il avait appelé à bâtir "une société de vigilance".

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