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Racisme anti-asiatique : la Covid a "ouvert la boite de Pandore", selon Tan Sun-Lay

ÉCLAIRAGE - La commission nationale consultative des droits de l’homme a publié ce 8 juillet son rapport annuel sur la lutte contre le racisme. Le racisme anti-asiatique déjà présent en France a été exacerbé par la pandémie.

Manifestation de la communauté chinoise en 2012 à Saint-Ouen
Manifestation de la communauté chinoise en 2012 à Saint-Ouen
Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Céline Morin

On aurait pu penser qu’avec la crise sanitaire et les confinements à répétition, les actes racistes se seraient taris. Mais non, au contraire, la crise de la Covid-19 a fait la lumière sur un racisme déjà bien présent : celui anti-asiatique

"Bousculée par la pandémie de Covid-19, l’année 2020 a malheureusement rappelé avec quelle facilité les situations de crise peuvent réactiver des réflexes xénophobes et transformer des préjugés en rejet de l’autre", débute Jean-Marie Burguburu, président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, CNCDH. 

Le rapport de la CNCDH montre néanmoins une progression de la tolérance envers les minorités depuis 30 ans, tolérance qui continue de croître en 2020. Et bien que certains préjugés restent présents, ils reculent : 59 % des personnes interrogées pensent que "l’islam est une menace contre l’identité de la France", contre 62 % en 2019. "1,2 million de personnes seraient victimes chaque année d’au moins une atteinte à caractère raciste, antisémite ou xénophobe (injures, menaces, violences ou discriminations). 7 283 affaires transmises en justice. 843 condamnations", écrit encore la CNCDH. Ainsi, très peu de victimes portent plainte : seulement 2 %. 

Un phénomène d’avant-pandémie

"La Covid n’a rien inventé", explique la présidente de l’Association des Jeunes Chinois de France, Laetitia Chhiv, en prenant l’exemple de la vidéo polémique d’Antoine Griezmann et Ousmane Dembélé qui date de 2019. "Cette forme de discrimination a des origines culturelles profondes, il faudrait remonter avant 1900 pour en trouver la provenance", présume la chargée de recherche au CNRS Simeng Wang au Parisien. La vidéo "Asiatiques de France" publiée en 2017 sur les réseaux sociaux montre également que le phénomène n’est pas nouveau

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Pour autant, la pandémie est venue exacerber ces faits déjà présents. On le voit notamment aux États-Unis où les actes antiracistes envers les communautés asiatiques ont bondi depuis mars 2020 : 3.800 signalements recueillis par l’association Stop à la haine en l’espace d’un an. En France, les chiffres sont moins impressionnants, mais cela reste inquiétant. 

"La désignation de boucs émissaires, rendus responsables de tous les maux, s’est notamment portée sur des personnes soupçonnées de transmettre la maladie, dont celles d’origine asiatique", explique le rapport. Ajoutant : "loin d’être un élément déclencheur d’une nouvelle forme de racisme, la crise sanitaire a rappelé l’ampleur des préjugés qui sont régulièrement véhiculés à l’égard des personnes asiatiques". 

Largement accentué par le coronavirus

Selon le Comité Sécurité pour Tous qui regroupe 46 associations principalement asiatiques, en 2019, une agression avait lieu tous les deux jours à Paris et en Île-de-France. "On a reçu une centaine de plaintes rien que sur l’année 2020. C’est trois fois plus qu’habituellement", affirme Laetitia Chhiv. La pandémie a "ouvert la boite de Pandore", confie le porte-parole de Sécurité pour Tous Tan Sun-Lay à RTL.fr. En effet, au lendemain de l’annonce du second confinement par Emmanuel Macron, l’organisation parle d’une agression tous les jours pendant les dix jours qui ont suivi envers les personnes d’origine asiatique.

Avant, reprend le porte-parole de Sécurité pour Tous, le racisme anti-asiatique était couvert par l’humour ou par le fait que les victimes n’allaient pas porter plainte. Mais maintenant, avec la libération de la parole, beaucoup plus de personnes vont porter plainte, ou du moins ne se cachent plus. La libération de la parole raciste a permis en parallèle une libération de celle des victimes

Phénomène qui, selon Tan Sun-Lay, est accentué par les réseaux sociaux : les internautes pensent être invincibles sous couvert d’anonymat. Ce qui est faux, fait-il remarqué, quand on voit que 4 jeunes ont récemment été condamnés pour des tweets racistes. D’autant plus que les réseaux sociaux sont également un moyen pour les victimes de mettre en lumière plus facilement les actes racistes

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