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Qui sont les Harkis à qui Macron demande pardon ?

L'histoire des harkis a été marquée par l'abandon de la France, a rappelé lundi le chef de l'État. Laissés pour compte à la fin du conflit, ces anciens soldats sont encore considérés comme des "collaborateurs" par le gouvernement algérien.

Des harkis qui arrivent d'Algérie à Marseille, le 12 juin 1962.
Des harkis qui arrivent d'Algérie à Marseille, le 12 juin 1962.
Crédit : AFP
Florise Vaubien

Comme RTL vous le révélait le 17 septembre dernier, c'est un passé douloureux dont Emmanuel Macron a décidé de se saisir. "Votre histoire, c’est la nôtre". Le Président a annoncé un projet de loi de reconnaissance et de réparation "avant la fin de l'année" en la mémoire des harkis, soldats algériens ayant combattu aux côtés de l’armée française durant la guerre d'indépendance. L'occasion pour le président de "demander pardon" à un peuple laissé à l'abandon au lendemain de ce conflit qui opposa le gouvernement français aux rebelles du Front de libération nationale (FLN) de 1954 à 1962. 

"La République a contracté à leur égard une dette. Aux combattants, je veux dire leur reconnaissance, nous n’oublierons pas", a déclaré le chef de l'État lors d'une réception consacrée aux anciens combattants algériens ce lundi 20 septembre. "Aux combattants abandonnés, à leurs familles qui ont subi la prison, je leur demande pardon. Nous n’oublierons pas. Depuis la République s’est ressaisie. Elle s’est engagée sur la voie de la vérité et de la justice", a-t-il insisté. 

Une reconnaissance progressive

Cinq jours avant la Journée nationale d’hommage aux harkis, Emmanuel Macron a ainsi rappelé l'histoire "douloureuse" de ces anciens alliés pendant le conflit avec l’Algérie. Recrutés en masse par l'armée française (environ 200.000 soldats), les harkis, dont le nom vient du terme utilisé pour leurs formations, "harka" ou "mouvement" en arabe, ont affronté les combattants indépendantistes du Front de libération nationale (FLN), indique-t-on dans les colonnes du Figaro

Considérés comme des traîtres dans leur pays et abandonnés par la France au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, 60.000 harkis arriveront toutefois à passer la frontière française. Avec leur famille, bon nombre d’entre eux seront logés dans "des camps de fortune (...) puis dans des cités", rappelle un article du Monde.

Pour saluer leur mémoire, une journée d'hommage national aux harkis a alors été instaurée depuis 2001 et se déroule chaque année le 25 septembre. "Les massacres commis en 1962, frappant les militaires comme les civils, les femmes comme les enfants, laisseront pour toujours l'empreinte de la barbarie. Ils doivent être reconnus", avait déclaré Jacques Chirac, président de la République au moment de sa création. 

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En 2005, une autre étape est franchie : la loi de "reconnaissance de la Nation en faveur des rapatriés" accompagnée d’une "allocation de reconnaissance" est votée en France. Elle concerne "les Harkis, leurs orphelins et les rapatriés d'origine européenne". En 2016, le président François Hollande reconnaîtra également les "responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil inhumaines des familles transférées dans les camps en France". 

Des harkis encore exclus en Algérie

En Algérie, en revanche, ces anciens combattants qui ont soutenu la France sont loin d’être les bienvenus après un passif particulièrement sombre. Ils ont été victimes de massacres et représailles, en particulier après les accords d’Évian signés le 18 mars 1962 qui marque la fin de "l'Algérie française". En 2021, une plainte pour "crimes contre l'humanité" sera déposée par huit harkis à Paris, en vain, malgré les 150.000 victimes dénoncées par les anciens soldats. 

Encore aujourd’hui, les autorités algériennes excluent tout retour des harkis. Pour l'ancien président Abdelaziz Bouteflika, décédé le 17 septembre dernier à Zéralda, ils sont des "collaborateurs", avait-il estimé dans un discours en 2000. L’année précédente, il avait fait savoir que tout retour leur était impossible : "l'Algérie n'est pas leur pays", avait-il plaidé. 

Du côté de la France, le président de la République participera à "deux journées mémorielles en rapport à la guerre d'Algérie d'ici la fin du quinquennat". L’une sera dédiée à la répression par la police française d'une manifestation d'Algériens à Paris le 17 octobre 1961. L’autre sera l’occasion de célébrer les 60 ans des accords d'Évian, signés le 18 mars 1962.

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