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Prostitution des mineurs : que préconise le gouvernement contre ce fléau ?

Présenté ce lundi et doté de 14 millions d’euros, le dispositif interministériel contre la prostitution des mineurs sera déployé dès cette fin d’année et sur 2022. Voici les principaux points du plan avancé par le gouvernement.

Deux jeunes femmes faisant parties d'un réseau de prostitution (illustration)
Deux jeunes femmes faisant parties d'un réseau de prostitution (illustration)
Crédit : REMY GABALDA / AFP
Lison Bourgeois

"Il y a une vraie mobilisation de l'ensemble du gouvernement". Au micro de BFMTV, Adrien Taquet aborde les conclusions du plan national de lutte contre la prostitution des mineurs. Depuis plusieurs mois déjà, le secrétaire d'Etat chargé de l'enfance et des familles avait annoncé un plan national de lutte contre la prostitution des mineurs.

Aujourd'hui, les peines peuvent aller de 7 à 15 ans de prison pour les clients et pour les proxénètes. L'idée du plan piloté par Adrien Taquet ne serait donc pas d'alourdir les peines mais plutôt de renforcer le soutien et l'accompagnement aux victimes en suivant 4 points fondamentaux. 

Dévoilé ce lundi 15 novembre, ce texte suit quatre axes majeurs : "Sensibiliser, informer et mieux connaître" le phénomène, "renforcer le repérage à tous les niveaux" des jeunes impliqués, "accompagner les mineurs en situation prostitutionnelle" et "poursuivre et réprimer plus efficacement" clients et proxénètes.

Informer, repérer, accompagner et finalement réprimer

Pour "sensibiliser, informer et mieux connaître" le phénomène, le gouvernement va créer des espaces d'information à destination des mineurs et de leurs familles. Pour atteindre le même objectif, le gouvernement va déployer la recherche pour comprendre le phénomène et enfin développer une campagne de sensibilisation au grand public.  

Pour "renforcer le repérage à tous les niveaux", le gouvernement va développer la formation des professionnels, améliorer le repérage et le signalement des mineurs, agir sur les réseaux sociaux et optimiser la prise en charge des fugues par les professionnels. 

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Pour "accompagner les mineurs en situation prostitutionnelle", le gouvernement va reconnaître aux mineurs en situation prostitutionnelle le statut de mineur en danger, créer un dispositif d'accompagnement dans chaque département et garantir aux victimes un parcours de soins personnalisés. 

Pour "poursuivre et réprimer plus efficacement", le gouvernement va faciliter les poursuites judiciaires, renforcer la mobilisation des services d'enquêtes de cyber-criminalité et formaliser la coopération judiciaire auprès des plateformes d'hébergement locatif.

Le communiqué de presse ajoute une cinquième priorité qui se concrétise dans la mise en place d'un pilotage national à travers une task-force interministérielle. Celle-ci
sera relayée au niveau territorial par un partenariat entre tous les professionnels
concernés. Par exemple, les professionnels de santé, de l’éducation nationale ou encore les travailleurs sociaux.

Une fugue puis un "lover boy", l'histoire se répète malheureusement

Selon un rapport écrit en juillet dernier par Catherine Champrenault, l’élément déclencheur peut être une fugue. Dans le besoin d'un hébergement et d’argent, le jeune en fuite va souvent faire de mauvaises rencontres. Parfois c’est un « lover boy », un petit ami qui prostitue sa copine. Ou des photos "nudes" publiées sur les réseaux sociaux qui le rende victime d’un chantage.

Lundi 15 novembre, le secrétaire d'État chargé de la protection de l'enfance Adrien Taquet confiait à BFMTV : "L'objectif est de pouvoir mieux repérer notamment les signaux faibles de cette bascule dans la prostitution." Pour Adrien Taquet, les parents doivent veiller aux changements de comportements de leur enfant. 

Un isolement progressiste vis-à-vis de sa famille et de ses amis est un signal.

Adrien Taquet, le secrétaire d'État chargé de la protection de l'enfance.

Il énumère ainsi quelques exemples : "un isolement progressiste vis-à-vis de sa famille et de ses amis parce que les proxénètes mettent en place des phénomènes d'emprises." Puis il ajoute qu'il faut aussi veiller aux "chutes dans les résultats scolaires et aux fugues, qui sont souvent des constantes que l'on remarque chez ces enfants victimes de prostitution."

"C’est pas de l’argent facile mais c’est de l’argent rapide. Il n’y a aucun moyen de faire autant d’argent en aussi peu de temps", témoigne Julie, 17 ans, dans le film "Entr’Actes en mode mineur", de l’association Itinéraires qui accompagne des jeunes prostitués à Lille. Issus de tous milieux sociaux, ces jeunes ont souvent en commun d’avoir été victimes ou confrontés à de la violence, notamment au sein de leur famille.

Par ailleurs, il pourra aussi s'agir de donner de nouveaux moyens d'enquête. À Paris, par exemple, la police judiciaire a créé depuis septembre un groupe d'enquêteurs spécialisé sur le sujet au sein de la brigade de protection des mineurs. Mais ce dispositif n'est pas forcément généralisable à l'ensemble du territoire.

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