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Paris : près de 300 salons de massage cacheraient de la prostitution

VU DANS LA PRESSE - C'est le résultat d'une enquête menée par Zéromacho, un réseau de militants contre la prostitution. Le parquet de Paris a été informé.

Un salon chinois de massage durant la pandémie en mars 2020
Un salon chinois de massage durant la pandémie en mars 2020
Crédit : Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Romain Giraud

Il n'est pas rare de se balader à Paris et de tomber sur un salon de massage au coin d'une rue, ou de revenir d'une course et de trouver sur son pare-brise un flyer qui en fait la pub. Mais voilà, selon une enquête menée par six militants anti-prostitution d'un organisme appelé Zéromacho, près de 300 de ces salons de la capitale cacheraient en réalité un réseau de prostitution, camouflé sous l'appellation "finition", qui se traduit en réalité par la masturbation après le massage. 

Frédéric Robert, l’un des responsables du réseau et qui a participé à l'investigation, affirme que l'intégralité des quelque 300 salons de massage qu'il a visité lui a répondu favorablement quand il a demandé si la "finition" était au programme, comme le rapporte Le Parisien qui a révélé l'enquête. 

Dans son rapport, il est écrit que les femmes qui y travaillent, "à 85 % originaires de Chine et à 14 % des Thaïlandaises (...), ayant en moyenne une trentaine d'années, ne dérangent pas le voisinage et sont décrites comme discrètes et gentilles. Néanmoins, cette banalisation de la prostitution nous semble préoccupante dans un pays qui s’est doté en 2016 d’une loi abolitionniste", affirme-t-il, ajoutant que les salons accueillent "des jeunes et des vieux, monsieur tout le monde !"

"L’ensemble des similitudes relevées, les aspects des locaux, éléments de décor de la vitrine, prédominance des Chinoises, photos identiques d’une partie des flyers, semble indiquer l’existence d’un petit nombre de décideurs, gérant ce qui apparaît comme des chaînes de petits bordels", détaille l'enquête. 

Les autorités totalement dépassées par le phénomène

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L'investigation révèle également que 55 de ces salons se trouvent dans le XVIIe arrondissement, 25 dans le IX dont 4 dans la même rue. "Ce sont des personnes vulnérables, isolées, victimes de traite des êtres humains et ça ne semble déranger personne", déplore Frédéric Robert. Il n’y a rien de plus simple pour savoir qui a enregistré l’activité à la chambre de commerce, qui paie le loyer, qui s’enrichit… C’est à la portée d’un enfant", poursuit-il. 

Si un salon de massage a été fermé en 2017 à Paris après qu'un réseau de prostitution a été démantelé, "ces faits sont difficiles à caractériser", affirme un policier au Parisien. "Il faudrait prendre la fille et le client sur le fait. En général, il n’y a que ce qu’on appelle les finitions et pas de rapports sexuels donc pas de préservatifs, ce qui pourrait permettre d’avoir une preuve. En plus, le prix des prestations sexuelles n’est pas affiché. Tout se négocie de la main à la main dans l’intimité des pièces où les masseuses exercent", regrette-il. 

Un réseau qui n'en finit pas de s'agrandir puisque plusieurs salons ouvrent leurs portes les uns après les autres pour répondre à la forte demande de la clientèle, note Zéromacho : "Il y a à Paris chaque jour des milliers d’hommes qui commettent le délit d’achat d’actes sexuels", conclue l'enquête. 

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