3 min de lecture Port du voile

Port du voile : les politiques "font des amalgames", alerte Valérie Trierweiler

ÉDITO - Valérie Trierweiler revient sur les récentes polémiques autour du port du voile. Un sujet particulièrement récurrent.

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Port du voile : les politiques "font des amalgames", alerte Valérie Trierweiler Crédit Image : Unsplash/Nicola Fioravanti | Crédit Média : RTL | Date :
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Nicolas Marischaël avec sa famille dans son atelier-boutique
Valérie Trierweiler édité par Victor Goury-Laffont

Il y a quelques jours, le débat sur le voile à été relancé une fois de plus ! Et qui dit femme voilée, dit loi votée. En octobre, un élu RN s’en était pris à une mère de famille accompagnant des enfants lors d’une sortie scolaire au conseil régional de Dijon. S’en était suivie une formidable polémique. 

Maintenant, c’est la présence à l'Assemblée nationale de la syndicaliste voilée de l'Unef Maryam Pougetoux qui a provoqué le départ de plusieurs députés issus des Républicains et d’une députée en Marche. Au motif qu’il s’agissait d’une provocation.

Pour être allée un certain nombre de fois à l’Assemblée, je sais qu’on n’y rentre pas si on ne respecte pas le règlement. Alors que dit ce règlement ? Justement, pour un débat en commission, n'importe quelle personne a le droit de porter un voile. Le départ des députés est de ce fait critiquable, dans la mesure où eux-mêmes ne se sont pas pliés au règlement, mais ont appliqué leur propre règle.

Des lois à répétition

Ces derniers temps, on parle beaucoup de République, de valeurs républicaines, de tenues républicaines. Mais savez-vous depuis combien de temps on débat du voile en France ? C’était en 1989, avec trois collégiennes de Creil. 

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Ces jeunes filles s’appelaient Leila, Fatima et Samira, et faisaient leur rentrée de septembre avec un foulard sur la tête. Michel Rocard était alors Premier ministre et Lionel Jospin ministre de l’Éducation. D’ailleurs, on disait davantage le foulard de Creil que le voile. La France s’enflamme alors, et cet événement nous conduit à la loi sur le port des signes religieux à l’école en 2004.

En 2010, une nouvelle loi interdit toute dissimulation du visage dans les espaces publics. Cela vaut pour le niqab, le hijab comme pour les cagoules. En 2013, le conseil d’Etat décrète que les parents doivent se plier eux-mêmes aux règles, mais seulement dans l’espace éducatif.

Encore une nouvelle loi, en 2016, qui permet de faire respecter un devoir de neutralité pour les entreprises dans leur règlement intérieur.

Et pourtant, depuis trente ans, ce débat divise toujours autant, malgré les lois, parce qu’on mélange tout, et ceux qui font des amalgames, ce sont avant tout les politiques. On ne plus de différences entre Islam, islamisme et djihadisme, et depuis peu "séparatisme". 

Bien sûr, il y a eu les attentats et la peur s’est répandue. Mais la responsabilité revient aux politiques de ne pas tout mélanger.

Il y a une différence entre, être contre le voile et s’en prendre à une femme voilée

Leïla Slimani, écrivaine
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Nous attendions le discours d’Emmanuel Macron sur le séparatisme qui devait nous conduire, justement, à une nouvelle loi. Ce discours a été reporté au 2 octobre.

Mais que disait Emmanuel Macron pendant sa campagne ? Le candidat prônait le "en même temps" : "Je n'accepterai pas que certaines ou certains soient stigmatisés dans notre République parce qu'ils croient à une religion (...) De la même façon, je n'accepterai pas qu'au nom de leur croyance certaines ou certains considèrent qu'on peut déroger aux règles de la République."

Alors, nous attendons du président de la République une parole forte et claire. Aussi forte que celle de l’écrivaine Leïla Slimani, qui a demandé de la nuance et du respect : "Il y a une différence entre, être contre le voile et s’en prendre à une femme voilée" a-t-elle déclaré. Je n’ai que deux mots à ajouter : pas mieux !.

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