1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. Pollution : quelles alternatives à la circulation alternée ?
4 min de lecture

Pollution : quelles alternatives à la circulation alternée ?

ÉCLAIRAGE - Déployée à Paris mais également à Lyon lors du pic de pollution, la circulation alternée est critiquée et montre certaines limites. Longtemps silencieuse, Ségolène Royal a présenté de nouvelle mesures en Conseil des ministres.

Les Invalides à Paris lors du pic de pollution en France, le 1er décembre 2016
Les Invalides à Paris lors du pic de pollution en France, le 1er décembre 2016
Crédit : HOUPLINE RENARD/SIPA
Claire Gaveau
Claire Gaveau

Le pic de pollution a battu tous les records à Paris. Paris et sa région n'avaient pas connu une qualité de l'air aussi mauvaise depuis au moins une décennie. L'Île-de-France a été en effet frappée par le pic de pollution hivernal le plus intense depuis de ces dernières années, selon Airparif, durant la semaine du 5 décembre. Mais la première région de France n'est pas la seule touchée par le phénomène. Ainsi la région lyonnaise, une partie des Alpes ou encore les villes entre Marseille et Montpellier ont été concernées par cet épisode.

Un pic de pollution notamment dû à une recrudescence d'émissions de particules, liées surtout au chauffage au bois et au trafic. Mais cette problématique est également liée aux conditions météorologiques puisque les particules fines sont maintenues au sol. "C'est un phénomène extrêmement marqué en décembre car c'est une période avec très peu d'ensoleillement", explique Robert Vautard, spécialiste des questions de pollution atmosphérique à RTL.fr.

Face à cette situation, la préfecture de police de Paris a mis en place la circulation alternée dans la capitale et en proche banlieue mardi 6 décembre avant qu'elle ne soit reconduite mercredi, jeudi et vendredi. Un dispositif également déployé, pour la première fois, à Lyon et à Villeurbanne vendredi 9 décembre. Mais la circulation alternée est-elle vraiment une solution efficace ?  En 2014, le bilan d'une journée de circulation alternée avait montré un trafic réduit de 18% à Paris et de 13% en petite couronne. La pollution avait été réduite de 6 à 10% en moyenne selon les polluants, et jusqu'à 20% en heures de pointe.

La circulation alternée, un dispositif d'urgence

Pourtant, Airparif exposait certaines limites dès mai 2014 : "En visant les véhicules de plaque paire ou impaire, la circulation alternée ne permet pas de cibler de façon sélective les véhicules les plus polluants". Des propos nuancés par Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement, au micro de RTL : "C'est indispensable. Quand on a déjà un pic de pollution, essayer d'avoir moins de véhicules en circulation est très utile, d'autant plus quand ce pic de pollution dépasse tout ce qu'on a connu depuis 10 ans". Surtout que le constat est édifiant. 48.000 morts anticipés par an en France et 2.500 morts anticipés à Paris.

À lire aussi

Problème, la circulation alternée est difficile à anticiper. "Une des caractéristiques qui caractérisent ce phénomène météorologique, c'est un vent extrêmement faible. Si il y a un vent à 2km/h ou à 4km/h, la pollution sera très différente. Il faudrait des prévisions très précises pour pouvoir anticiper cela", explique Robert Vautard qui évoque dès lors une mesure "trop difficile" et "très coûteuse".

Grenoble, un exemple à suivre ?

Pourtant, certaines mesures ont déjà été prises avec la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, publiée au Journal officiel le 18 août 2015. Et si Ségolène Royal est longtemps restée silencieuse face à ce pic de pollution, le ministère de l'Environnement n'a pas hésité à (re)publier le travail déjà accompli dans les mois précédents.

Accélération de la mutation du parc automobile, déploiement de bornes de recharge pour les véhicules électriques, zones à circulation restreinte, certificats qualité de l’air, possibilité donnée aux préfets d’être plus réactifs lors des pics de pollution, aides au renouvellement des appareils de chauffage au bois, convergence des taxes sur le gazole et l’essence, développement du covoiturage, soutien à l'usage du vélo... Une longue liste exhaustive pour prouver que Ségolène Royal n'est pas restée inactive sur ce dossier ?

Des mesures qui s'appliquent notamment à Grenoble. Dès samedi 10 décembre, la ville iséroise a pris des réglementations routières pour lutter contre ce pic de pollution. Exit la circulation alternée, place aux vignettes. Les voitures immatriculées avant 1997 n'ont pas le droit de circuler dans l'agglomération grenobloise, pour la première fois depuis l'introduction de cette mesure en novembre. Une avancée qui permet ainsi de classer les véhicules en six catégories distinctes en fonction de leurs émissions polluantes.

Allez encore plus loin

Une chose est sûre, la prise de position de Ségolène Royal est vivement attendue. Jamais une ville autre que Paris n'avait été dans l'obligation de déployer ces dispositifs de lutte contre la pollution. Décriée par certains pour son silence, notamment dans l'opposition ou dans les rangs écologistes, Ségolène Royal a finalement proposé une nouvelle série de mesures lors du Conseil des ministres, samedi 10 décembre. "C'est une bonne opportunité (...) Comme les gens sont plus sensibilisés, l'acceptation de mesures de contrainte est meilleure", a-t-elle lancé.
Parmi les thèmes abordés : rendre obligatoire les certificats qualité de l'air utilisés à Grenoble, étendre le bonus pour l'achat d'un véhicule électrique aux véhicules utilitaires ou encore augmenter le crédit d'impôt pour l'installation de bornes de recharge électrique pour les particuliers. Contacté par RTL.fr, le ministère de l'Environnement n'a toujours pas répondu à nos sollicitations.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/