2 min de lecture Discriminations

Pourquoi les soins funéraires aux personnes séropositives font-ils polémique ?

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a levé l'interdiction des soins funéraires qui visait les personnes atteintes du VIH, une décision dénoncée par le principal syndicat des thanatopracteurs.

Sida : les idées reçues ont encore la vie dure
Sida : les idées reçues ont encore la vie dure Crédit : YASUYOSHI CHIBA / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

C'est une mesure révolutionnaire pour les personnes séropositives dont l'application indigne certains professionnels du funéraire. Le 20 juillet dernier, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a levé l'interdiction des soins funéraires aux personnes séropositives, en vigueur depuis 1986 et jugée discriminatoire par les associations de défense des droits des personnes atteintes du VIH. La nouvelle mesure n'entrera en vigueur que le 1er janvier 2018, mais elle fait déjà polémique chez les thanatopracteurs, chargés de réaliser ces soins post mortem.

Depuis le 22 août une pétition "contre la levée de l'interdiction des soins pour les défunts porteurs du VIH et hépatites" circule sur Internet. Le syndicat professionnel des thanatopracteurs indépendants et salariés (SPTIS) qui en est à l'origine, dénonce "une très mauvaise nouvelle" et s'oppose au "terme de discrimination". Pour Act Up et une vingtaine d'autres associations signataires d'une lettre ouverte, cette pétition "n’a pour objet que d’entretenir des représentations erronées et stigmatisantes sur les personnes vivant avec le VIH ou une hépatite virale". 

Un risque de contamination ?

La thanatopraxie, qui désigne les soins de conservation du corps, consiste à injecter un liquide conservateur et antiseptique à la place du sang pour retarder la décomposition du corps. Elle permet notamment aux proches du défunt de se recueillir dans de meilleures conditions. "Les soins de conservation sont un procédé invasif, où le risque de piqûre ou coupure est réel, malgré le port des équipements de protection individuelle recommandés", insiste le SPTIS dans le texte de sa pétition.

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Les associations dénoncent un "sentiment de fausse sécurité" des thanatopracteurs face au risque de contamination, puisque qu'elles rappellent que près de 25.000 personnes vivent en France sans savoir qu'elles sont atteintes du VIH. "Il est donc absolument certain (...) que des soins funéraires ont été pratiqués sur des défunts porteurs du VIH sans que vous le sachiez". Les associations exhortent également les professionnels à simplement se plier, comme les "chirurgiens par exemple", aux précautions universelles concernant les "gestes et soins invasifs".

La pétition du STIPS rassemblait 377 signatures dans la matinée du mercredi 30 août. S'ils n'obtiennent pas gain de cause, les thanatopracteurs menacent d'exercer leur droit de retrait.

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