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Plan de relance européen : de l'argent versé en contrepartie de la réforme des retraites ?

FACT CHECKING - Une intox apparue en septembre dernier, qui avait disparu quelques mois avant de faire son grand retour, affirme que la France touchera l'argent du plan de relance européen, en contrepartie de la réforme des retraites. C'est faux.

La Commission européenne.
La Commission européenne.
Crédit : Martin Bertrand / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Plan de relance européen : de l'argent versé en contrepartie de la réforme des retraites ?
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Jean-Mathieu Pernin

Non, la France ne touchera pas l'argent du plan de relance européen, en contrepartie de la réforme des retraites. 

C'est une intox technique qui perdure, ourlée de politique et de préoccupations électorales depuis l'annonce d'un plan de relance européen, afin d'aider les 27 pays membres de l'UE à faire face aux conséquences économiques de la crise du Covid-19, on sait que la France touchera 40 milliards d'euros. Certains affirment que cette somme ne sera touchée que si la France adopte une nouvelle réforme des retraites.

Une rumeur défendue, au mois de septembre dernier, par des élus de la France insoumise et par Marine Le Pen. Cette rumeur s'est finalement évanouie, jusqu'à son retour, ce jeudi 3 juin, depuis que le chef de l'État a annoncé dans le Lot que la réforme des retraites ne pourra pas "être reprise en l'état". Sur les réseaux sociaux, on prétend que c'est faux, que cette réforme se fera, parce que l'Europe l'a décidée, que le gouvernement français est manipulé par Bruxelles. Tout cela est faux : la réforme des retraites n'est pas conditionnée aux futurs versements d'argent du plan de relance.

Un document qui n'a aucune valeur contraignante

En matière de réformes, il ne faut pas confondre "recommandations" et "contraintes". En décembre 2019, dans toute la France, de nombreuses manifestations contre la réforme des retraites défendue par le gouvernement d'Édouard Philippe, des grèves dans les transports... D'un coup, ça parait tellement loin, dans un monde alors sans Covid-19 ; à l'époque, les instances européennes voient plutôt d'un bon oeil cette réforme, puisque chaque année, la Commission dresse une liste de recommandations à l'adresse des pays membres. Un document qui n'a aucune valeur contraignante, mais qui vise, par des pistes qu'il esquisse, à assurer "le fonctionnement et le développement du marché commun". 

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Depuis 2013, à l'exception de 2017, le système de retraite français est évoqué et considéré comme nécessitant de faire l'objet d'une réforme. Il n'y a rien d'obligatoire, ce qui signifie qu'il y a confusion dans les termes. Fin avril, la France a remis à la Commission européenne le "plan national de relance et de résilience", dans lequel le gouvernement détaille les axes de dépense des futurs 40 milliards, et la réforme des retraites n'y figure pas. Bruno Lemaire, dans une déclaration le 27 avril le confirme et le regrette. Un point de vue, dit-il, qui est personnel.

Des préconisations souvent prises au pied de la lettre

Les recommandations de la Commission européenne sont souvent prises au pied de la lettre. C’est le cas d’une récente intox, prétendant que la commission souhaite repousser l’âge de la retraite à 70 ans. Il s’agit d’un rapport d’analyse, de prospective et non d’une injonction qui peut, bien sûr, inspirer les dirigeants ; mais en rien une obligation. L’Europe fourmille de rapports qu’il est facile de détourner. Un vrai magasin à bonbons pour faiseurs d’intox.

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