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Paris : la police accusée de retirer aux migrants leurs couvertures

Médecins sans frontières (MSF) dénonce des violences policières contre les migrants à Paris et notamment la confiscation de couvertures, provoquant des cas d'hypothermie.

Des policiers procèdent à une opération de contrôle auprès des migrants du camp Stalingrad
Des policiers procèdent à une opération de contrôle auprès des migrants du camp Stalingrad
Crédit : LIONEL BONAVENTURE / AFP
Philippe Peyre

Médecins sans frontières monte au créneau. L'association a dénoncé dans un communiqué une certaine forme de harcèlement de la part des policiers à l'encontre des migrants installés à proximité du centre humanitaire de Paris, porte de la Chapelle, ne pouvant y accéder faute de places disponibles. De multiples opérations policières seraient menées depuis quelques jours à proximité de cette structure et, selon l'association, les méthodes employées par les forces de l'ordre seraient très contestables.

Confiscation de couvertures, utilisation de gaz lacrymogènes, interdiction de s'asseoir... l'ONG dénonce des "violences policières" qui "doivent cesser". "Ces pratiques inacceptables mettent en danger la vie des migrants : les équipes de Médecins sans frontières ont dû prendre en charge huit personnes proches de l’hypothermie", a alerté l'association dans le communiqué publié samedi 7 janvier, allant même jusqu'à parler d'une "systématisation des violences policières qui ciblent les centaines de migrants parisiens en errance dans la capitale".

Un "déni de réalité"

Corinne Torre, coordinatrice de programmes à Médecins sans frontières, a dénoncé un "déni de réalité" : "En plein cœur de l’hiver, les pouvoirs publics devraient être en mesure de fournir des places d’hébergement à tous les migrants, en urgence. Au lieu de quoi les forces de l’ordre confisquent leurs couvertures ou les obligent à rester debout dans la file d’attente du centre pendant des heures, dans une tentative dérisoire de soustraire cette population en détresse à la vue du public. Ce déni de réalité par la violence doit cesser", a-t-elle fustigé.

Dans le même temps, l'association a directement interpellé, sur Twitter, le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux. 

Réponse du ministre

"Il faut arrêter ce sport national de mise en cause des policiers, il faut arrêter", a martelé Bruno Le Roux, invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI dimanche 8 janvier. "Non, ils (les policiers, ndlr) n'ont pas d'instruction autre que la mise à l'abri aujourd'hui de toutes les personnes qui sont vulnérables, et ils le font avec une conscience du rôle qu'ils jouent, de l'uniforme qu'ils portent", a-t-il poursuivi. 

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Malgré la polémique, le ministre de l'Intérieur, qui réclame de "l'humanité" de la part des policiers, a répété son soutien aux forces de l'ordre. "Je ne partage absolument pas cette vision (de MSF, ndlr). Quelque fois, il peut y avoir une forme de contrainte à mettre à l'abri quelqu'un, quand il est exposé au froid".

Le centre humanitaire de Paris a ouvert ses portes le 10 novembre 2016 pour accueillir et orienter les migrants présents dans la capitale mais il affiche désormais complet. C'est pourquoi certains migrants ont opté pour attendre à proximité du lieu, attendant qu'une place se libère. 

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