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Une personne en train de faire sa déclaration d'impôts (image d'illustration).
Crédit : Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Les agents de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), chargés de collecter les impôts, traversent une crise. Selon les chiffres de l’administration fiscale, 19 agents se sont suicidés en 2025 et 25 autres ont tenté de mettre fin à leurs jours. Depuis le début de cette année, au moins deux suicides et douze tentatives ont déjà été recensés, des niveaux comparables à ceux observés dans la police.
Cette situation intervient alors que le gouvernement a annoncé il y a quelques jours de nouvelles économies budgétaires, à hauteur de quatre milliards d’euros dès cette année. Une partie de cet effort reposera sur la fonction publique, déjà marquée ces dernières années par de nombreuses suppressions de postes.
Laure*, une contrôleuse des impôts raconte au micro de RTL avoir subi un burn-out après plusieurs années de dégradation de ses conditions de travail. Celle-ci décrit un quotidien rythmé par les objectifs et la pression de la productivité. "Aujourd’hui, on nous demande de faire de l’abattage. C’est un travail à la chaîne. Ça génère plus de pression, plus de stress. Ce que j’ai tendance à dire, c’est qu’on est dans une ruche. Ça crée aussi un mal-être. Finalement, on a l’impression de mal faire notre travail", confie-t-elle.
Cette perte de sens serait aggravée par certaines pratiques managériales. Selon cette agent du fisc, les responsables sont désormais davantage focalisés sur les indicateurs de performance que sur l’accompagnement des équipes.
"Nos chefs de service ne sont plus guidés que par leurs statistiques. Le chef de service, on ne le voit pratiquement plus. Certains ne se souviennent pas de leur prénom, ne savent même pas si on est là ou en vacances. J’ai souvent l’impression qu’on est devenu des numéros", poursuit-elle.
La contrôleuse des impôts assure que cet environnement professionnel est directement à l’origine de son épuisement. "Je vivais mal d’aller au travail le matin. C’était vraiment le facteur travail. Dans ma vie privée, il n’y avait aucun souci. Aujourd’hui, on en est là. On a des collègues qui se suicident parce qu’ils ont un tel mal-être au travail."
Au cours de cette enquête, une dizaine d’agents issus de services, de régions et de générations différentes ont dressé le même constat.
Pour comprendre cette situation, Olivier Brunelle, secrétaire général de FO Finances publiques, a compilé depuis plusieurs années les suicides et tentatives de suicide recensés dans l’administration.
"Une tentative de suicide qui suit un entretien avec un supérieur hiérarchique. Quand on vous refuse une mutation, que vous avez 20 ans et que vous êtes coupé de vos attaches familiales, pour le coup, on est en lien direct avec le travail", explique-t-il.
Le syndicaliste pointe avant tout les réductions d’effectifs successives. Selon lui, la DGFiP paie depuis des années le prix des politiques d’économies budgétaires.
"On était plus de 120.000 et on est aujourd’hui plus que 93.000. Le paradoxe est là : on cherche partout des milliards pour équilibrer un budget, c’est nous qui les recouvrons. Et donc quand on cherche des effectifs à supprimer, on se tourne en général vers la DGFiP. Je résume ça par la formule : on a les ambitions des États-Unis mais les moyens du Bangladesh."
D’autres facteurs sont également avancés, comme certaines réformes jugées mal préparées ou encore les perspectives d’évolution salariale limitées dans la fonction publique.
Interrogée par RTL, la Direction générale des finances publiques affirme être "attentive à chacun de ces événements". Elle souligne toutefois qu’il est "complexe de rattacher un suicide à une cause unique déterminée".
L’administration rappelle qu’un plan d’actions a été lancé l’an dernier afin de prévenir les risques psychosociaux. Elle indique également que des enquêtes sont désormais systématiquement menées après chaque événement grave et que la formation des managers a été renforcée.
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