3 min de lecture Société

Moussa, réfugié africain, devient cuisinier dans un restaurant lyonnais

Moussa fait partie de ces personnes qui fuient leur pays pour trouver une vie meilleure en Europe. Après avoir vécu un calvaire, le jeune guinéen est désormais cuisinier dans la pizzeria d'Olivier qui l'a pris sous son aile.

micro générique Vous êtes comme ça La rédaction de RTL iTunes RSS
>
Moussa, réfugié africain, devient cuisinier dans un restaurant lyonnais Crédit Image : PHILIPPE MERLE / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
Frédéric Perruche édité par Sarah Belien

Moussa est un jeune migrant qui a quitté l'Afrique à l'âge de 16 ans. Olivier, lui est un restaurateur lyonnais. Ce dernier a permis au jeune guinéen de réaliser un rêve. Après une adolescence terrible, Moussa a pu venir vivre en France et devenir cuisinier.

Moussa est désormais cuisinier après deux ans de formation. Il est surtout expert en pizza, c'est sa grande fierté. À 19 ans, le Guinéen maîtrise toute la carte du restaurant lyonnais La Lambretta, et a même revisité la "torino", sa pizza préférée. 

"Je l'ai présentée à mon concours. C'est une base crème, mozzarella, speck, pommes. Et moi je l'ai transformée pour mettre un peu de fleurs et mettre un peu plus de couleur," raconte-t-il. "Il sait que je suis un peu exigent. Je veux des choses bien rondes, bien cuites, bien garnies. Il a vraiment compris le truc," affirme Olivier. 

J'étais découragé, je me suis dit que j'allais mourir de froid

Moussa
Partager la citation

Mais avant de rejoindre les fourneaux, le jeune homme, 16 ans à peine, a quitté la Guinée via l'Algérie et la Libye et a traversé la Méditerranée sur une embarcation de fortune. Moussa a failli mourir de faim avant d'arriver en Italie et de franchir les Alpes à pied en plein hiver. "C'était très dur parce qu'on a mis trois jours pour traverser la forêt, la montagne. On a dormi dehors et en plus il faisait froid"," se souvient Moussa.

À lire aussi
Une voiture de la police nationale (illustration) police
Violences policières : 1 Français sur 3 dit ne pas se sentir en sécurité face à la police

"J'étais découragé, je me suis dit que j'allais mourir de froid. Mais le lendemain matin, je voyais que j'étais toujours en bonne santé, je me suis dit que c'était pas mon but de me décourager maintenant. Il faut que je continue de me battre pour rentrer dans la ville. Il faut pas que je reste ici", relate le jeune guinéen. 

Arrivé à Lyon, Moussa a passé des mois dans les rues à dormir dehors près d'une gare, avant d'être pris en charge par une association d'aide aux mineurs isolés

Un restaurateur lui met le pied à l'étrier

Olivier, restaurateur et patron de la pizzeria La Lambretta, prend le jeune homme en stage une première fois, puis une deuxième, avant de le garder en alternance pour qu'il puisse préparer son CAP de cuisinier, touché par son histoire, son parcours.

"L'histoire de Moussa me ramène aussi à mes parents. Surtout à mon papa qui a quitté l'Italie d'après-guerre avec sa tante et son oncle. Il nous a souvent parlé de ses déboires quand il est arrivé en France avec toute cette vague d'immigrés italiens. Et c'est vrai que ça m'a rapproché de l'histoire de Moussa. Je pense que c'est ce qui m'a motivé à aller au bout avec lui," confie Olivier.

Le restaurateur ne regrette pas son choix car Moussa est doué et travailleur. Il a appris le français en deux ans, a décroché son CAP et a signé son CDI dans la foulée. "Le feeling entre nous est tellement bien passé, j'ai senti que j'avais à faire à quelqu'un avec une vraie volonté de s'en sortir de réussir, affirme Olivier. Aujourd’hui il faut une sacrée force de caractère et il l'a cette force de caractère." Et Moussa voit encore plus loin car il souhaite faire un BEP cuisine.

"Je le prends sous mon aile, comme mon fiston"

Entre Moussa et Olivier, un lien indéfectible s'est créé. L'enfant abandonné fait désormais partie de la famille. "Pour son premier Noël on n'a pas voulu le laisser tout seul. Je l'ai emmené dans ma famille à Grenoble. Il a trouvé ça génial. C'était son premier. Je le prends sous mon aile, comme si c'était mon fiston. Ça me fait plaisir", admet le restaurateur.

Pour Moussa, "au travail on est comme un employé et son patron et ailleurs on est comme un père et son fils. Aujourd’hui on a un lien. On dirait que je suis né dans cette famille. Tout ça me fait plaisir. Aujourd'hui je le considère comme mon père. C'est une très belle histoire." Et la belle histoire ne fait que débuter. Oliver, vice-champion du monde de pizza, aimerait que Moussa marche sur ses pas. Il en a les qualités et la volonté.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Société Immigration Info
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants