3 min de lecture Éducation nationale

Masques "toxiques" : les précautions d'emploi doivent être "scrupuleusement respectées"

Dans un avis rendu mercredi 28 octobre, l'Anses conclut que les masques DIM accusés de contenir des substances toxiques pourraient représenter un risque sanitaire à moyen terme si les précautions d'emplois ne sont pas "scrupuleusement respectées".

Emmanuel Macron, le 19 octobre 2020 à l'Élysée, à Paris.
Emmanuel Macron, le 19 octobre 2020 à l'Élysée, à Paris. Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

Le doute plane toujours sur les masques DIM. Mercredi 28 octobre, l'Agence nationale de santé (Anses) a rendu son avis concernant ces masques en coton blanc soupçonnés de contenir des substances toxiques pour la santé. Elle conclut que dans des "conditions réelles de port des masques traités, tout risque sanitaire ne peut être exclu" et appelle à respecter "scrupuleusement" les précautions d'emploi.

Comme elle le rappelle dans l'avis publié sur son site Internet, l'agence sanitaire avait été saisie en urgence à la suite d'une enquête du site Internet d'actualité environnementale Reporterre. Celle-ci mettait en avant que le zéolithe d'argent et de cuivre utilisé comme antimicrobien pour traiter les masques produits par la marque de sous-vêtement pouvaient avoir des effets néfastes sur la santé et l'environnement

Face à ces soupçons, plusieurs ministères avaient demandé aux fonctionnaires - notamment enseignants - qui s'étaient vu fournir ces masques de ne plus les porter en attendant l'avis de l'Anses. Contacté par RTL.fr, le ministère de l'Éducation nationale confirme avoir demandé aux académies de mettre les masques DIM "de côté" et d'arrêter de les distribuer. Il indique également avoir procédé à une commande de masques "d'une autre marque" qui seront disponible en nombre suffisant dès la rentrée du 2 novembre. Également contacté, le ministère de l'Intérieur n'a pas répondu à nos sollicitations pour le moment.

Un risque sanitaire existant

Pour arriver aux conclusions de son étude, l'Anses a testé les masques selon deux scénarios : "port successif dans la même journée de deux masques neufs sans lavage préalable, et le port, 8 heures par jour, de masques préalablement lavés". À la suite de ces tests, l'agence sanitaire "a écarté la potentialité d’effets nocifs immédiats et graves pour la santé humaine".

À lire aussi
Rassemblement devant le collège de Conflans justice
Assassinat de Samuel Paty : que reproche-t-on aux 4 nouveaux mis en examen ?

Pour autant, l'agence sanitaire insiste sur la nécessité de respecter "scrupuleusement" les précautions d'emploi, c'est-à-dire "lavage avant le premier emploi et après chaque utilisation, le port de 4 heures maximum et le remplacement des masques dès qu’ils sont humides". Si celles-ci sont appliquées correctement, "ces masques ne présentent pas d’effet nocif pour la santé humaine, notamment de toxicité pour la reproduction", comme évoqué par plusieurs études citées par l'enquête de Reporterre.

Néanmoins, l'Anses reconnaît que ces précautions se heurtent aux travers de l'utilisation quotidienne de ces masques. "En prenant en considération des situations d’exposition qui peuvent exister dans la vie courante telles que le port de masques sans lavage préalable ou humide, et des scénarios 'pire cas', l’Anses considère que des effets toxicologiques à moyen terme tels que l’accumulation d’ions argent Ag+ dans les organes peuvent résulter de ces expositions, et que des risques sanitaires ne peuvent donc être totalement écartés."

DIM assure respecter la réglementation

À la suite de la publication de l'avis de l'Anses, DIM qui avait retiré ses masques de la vente pendant un temps, affirme à nouveau dans un communiqué que "ses masques sont sûrs et efficaces". "Leurs composants ont été testés par des laboratoires indépendants et sont conformes aux caractéristiques définies par les pouvoirs publics", insiste l'entreprise. "DIM a toujours fait preuve de la plus grande transparence en indiquant sur l’emballage la présence de zéolite d’argent et de cuivre, alors qu’il n’en avait pas l’obligation."

Les zéolithes d'argent et de cuivre sont deux substances couramment utilisées dans la fabrication de produits d'hygiène ou de peinture par exemple. Or, selon les informations révélées par Reporterre, l'Union européenne a interdit l'usage du zéolithe d'argent et de cuivre dans les masques. L'évaluation de ces substances "est actuellement en cours au niveau européen dans le cadre de la réglementation sur les produits biocides", indique pour sa part l'Anses. De son côté, DIM assure opérer dans le cadre défini par l'Union européenne. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Éducation nationale Coronavirus Santé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants