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Mac Lesggy explique comment des haricots OGM se défendent seuls contre des insectes

Des scientifiques nigérians ont identifié un gène de résistance à la bruche, un petit coléoptère dans une variété de haricots verts, et à l'aide des nouvelles techniques d'édition génétique, ils ont transféré ce gène dans le patrimoine génétique d'un haricot.

Des analyses en cours dans un laboratoire (illustration)
Des analyses en cours dans un laboratoire (illustration)
Crédit : PATRICK HERTZOG / AFP
Mac Lesggy explique comment les haricots OGM se défendent seuls contre les bruches
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Mac Lesggy - édité par Romain Giraud

Le haricot niébé est très méconnu. C'est un haricot blanc, cousin du haricot de Soissons, est très populaire en Afrique de l'Ouest, notamment au Nigeria. Le problème, c'est que ce haricot a un ennemi terrible, la bruche, un petit coléoptère qui pond ses œufs dans les graines ou la larve, et qui se développe. Du coup, il y a une perte de rendement et des haricots impropres à la consommation. 

Les paysans dépendaient des insecticides pour limiter la prolifération des bruches, avec une efficacité très limitée. Alors, les scientifiques nigérians, avec une coopération internationale, se sont retroussés les manches : ils ont identifié un gène de résistance à la bruche dans une variété de haricots verts, et à l'aide des nouvelles techniques d'édition génétique, ils ont transféré ce gène dans le patrimoine génétique du haricot niébé. 

C'est donc un haricot niébé OGM qui se défendra tout seul contre les attaques des bruches, ce qui épargnera aux paysans nigérians de dépendre des insecticides et ce qui leur garantira une récolte de qualité. Comme le gène de résistance est à l'intérieur de chaque graine, ils pourront conserver une partie de la récolte pour la ressemer l'année suivante et ainsi de suite. La résistance se transmettra génération après génération. Tout le monde y gagnera, les agriculteurs, les consommateurs et l'environnement. 

Un cas de figure difficile à retrouver en Europe

De bonnes récoltes avec moins de pesticides, nos agriculteurs en seraient ravis. En effet, cultiver des fèves d'une légumineuse qui résisterait aux attaques des bruches, du maïs qui se défendrait tout seul contre la pyrale ou encore des betteraves sucrières qui résisteraient aux pucerons, vecteurs de la jaunisse, tout le monde en rêve. D’autant plus qu’on menace de retirer le seul insecticide qu’il reste contre les pucerons. 

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Mais les chercheurs n'y travaillent pas, ni en France, ni en Europe car une décision de la Cour de justice européenne a interdit tous les OGM, aussi bien ceux obtenus en allant chercher un gène dans une autre espèce, qu'on appelle la transgénèse, que les OGM obtenus par les nouvelles techniques d’édition génomique mises au point par Emmanuelle Charpentier, le prix Nobel 2020 pour cette découverte dont les perspectives sont énormes.

Cette décision a été jugée absurde par un nombre de scientifiques, dont le regretté Axel Kahn, qui avait bien raison sur ce point. Une belle histoire comme celle du haricot niébé est donc impossible chez nous. Heureusement, ailleurs le monde avance : aubergine résistante aux insectes en Inde, riz enrichi en vitamines A au Bangladesh, partout sur la planète de nouveaux océans arrivent dans les champs.

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