3 min de lecture Loi Travail

Loi Travail : pourquoi certains opposants sont interdits aux manifestations

ÉCLAIRAGE - Différents mouvements sont pointés du doigt par la préfecture de police de Paris. Certains des opposants à la loi Travail ont été interdits de manifester mardi 17 mai.

De nombreux affrontements ont éclaté à Nantes entre forces de l'ordre et manifestants
De nombreux affrontements ont éclaté à Nantes entre forces de l'ordre et manifestants
ClaireGaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

"Un tiers des jeunes que nous voyons sont connus des services de police, parfois même condamnés. Je me demande même pourquoi dans le cadre de l'état d'urgence, ils ne sont pas assigné à résidence, ce qui éviterait qu'ils puissent entraîner d'autres jeunes qui se laissent aller à des scènes de violence". Invité de RTL, Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat de police Alliance a dénoncé les agissements des casseurs, "des groupes organisés qui entraînent des jeunes assez désœuvrés qui se sont pas connus des services de police".

Face à des rassemblements contre la loi Travail de plus en plus clairsemés, où la violence ne cesse pourtant de croître, des assignations à résidence peuvent-elle être une solution adéquate ? Les forces de l'ordre semblent avoir pris une nouvelle mesure afin de maîtriser une situation toujours extrêmement tendue entre manifestants et forces de l'ordre. Si le terme "assignations à résidence" n'est pas confirmé, la préfecture de police de Paris a envoyé des "arrêtés de paraître". Parmi les personnes visées : des militants affiliés à l'Action antifascite Paris-Banlieue ou encore au groupe Social Protest Klub.

Une vingtaine de manifestants concernés

Au total, une vingtaine d'arrêtés ont été distribués ce week-end. Le document de trois pages, avec en-tête de la préfecture de police, liste notamment les quatre arrondissements qui leur sont interdits mardi 17 mai. Ainsi, de 11 heures à 20 heures, les personnes ciblées ont interdiction de circuler dans les VIe, VIIe, XIVe et XVe arrondissements de la capitale, de même que dans différentes rues aux abords de la place de la République à partir de 18 heures et jusqu'à 7 heures le lendemain matin alors que se réunissent chaque soir les manifestants de "Nuit Debout".

À lire aussi
Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, à Montreuil le 25 mai 2018. Chômage
Pourquoi les permittents sont menacés par la loi "Avenir professionnel" ?

L’arrêté, signé du préfet de police de Paris Michel Cadot, justifie cette mesure par la présence remarquée de ces activistes "à de nombreuses reprises, lors de manifestations contre, notamment, les violences policières et le projet de réforme du code du travail […] ces manifestations ont dégénéré en troubles graves à l’ordre public". Interrogée par RTL, la préfecture de police explique que ces arrêtés visent des personnes "à l'origine ou associées à des faits de violence".

350 policiers blessés depuis mi-mars

Une alternative à l'assignation à résidence prévue par la loi sur l'état d'urgence, promulguée le 14 novembre dernier, au lendemain des attentats perpétrés à Paris et Saint-Denis. La préfecture de police, qui cherche assurément à durcir le ton, frappe du poing sur la table à quelques semaines de l'Euro 2016 de football qui se déroulera du 10 juin au 10 juillet. Une manière de préserver les forces de l'ordre ? Rien n'est moins sûr alors que 350 policiers ont été blessés dans les manifestations depuis mi-mars

Vous voulez nous faire sortir par la porte ? On rentrera par la fenêtre

Action antifascite Paris - Banlieue
Partager la citation

Le collectif antifasciste refuse de baisser les bras. "Si le préfet Cadot pense nous porter un coup au moral, il vient de faire exactement le contraire. Car ces arrêtés sont la preuve que le gouvernement et ses forces de l’ordre n’arrivent plus à retenir la colère d’une jeunesse (et pas seulement) déterminée et motivée contre la loi Travail et son monde et que, dépassés, ils sont prêts à tenter n’importe quelle parade", explique le groupe dans un article publié sur son site, dimanche 15 mai. Avant de conclure : "Vous voulez nous faire sortir par la porte, on rentrera par la fenêtre". Le ton est clairement donné bien que l'arrêté de la préfecture ne précise pas les risques encourus en cas de non-respect de l'interdiction.

Depuis la promulgation de l'état d'urgence, c'est la deuxième fois que le gouvernement utilise ce recours afin de priver à certains opposants la possibilité de manifester. Lors de la COP21 en novembre dernier, ces mesures avaient déjà vu le jour alors que sept personnes avaient été assignées à résidence, selon une publication du 11 décembre 2015 sur le site du Conseil d'État.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Loi Travail Manifestations Police
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7783251134
Loi Travail : pourquoi certains opposants sont interdits aux manifestations
Loi Travail : pourquoi certains opposants sont interdits aux manifestations
ÉCLAIRAGE - Différents mouvements sont pointés du doigt par la préfecture de police de Paris. Certains des opposants à la loi Travail ont été interdits de manifester mardi 17 mai.
https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/loi-travail-pourquoi-certains-opposants-sont-interdits-aux-manifestations-7783251134
2016-05-16 15:08:52
https://cdn-media.rtl.fr/cache/ptH0TUoCh2fjWE_xWabGPA/330v220-2/online/image/2016/0428/7783033016_de-nombreux-affrontements-ont-eclate-a-nantes-entre-forces-de-l-ordre-et-manifestants.jpg