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Lille : un restaurant fermé se transforme en marché solidaire

REPORTAGE - Florent Ladeyn a transformé son restaurant, condamné à rester fermé pour le moment, en marché solidaire. Ses fournisseurs locaux viennent ainsi vendre leurs produits pour limiter les pertes.

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Restaurateur lillois solidaire de ses fournisseurs Crédit Image : Franck Antson / RTL | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Franck Antson - correspondant RTL dans le Nord
Franck Antson édité par Marie Gingault

Ce vendredi 27 novembre, direction Lille, à la rencontre d'un restaurateur solidaire avec ses producteurs locaux qui ne peuvent plus écouler leurs marchandises. Florent Ladeyn, ancien finaliste de l’émission Top Chef, transforme chaque samedi et mercredi l’un de ses établissements nordistes en "marché" pour que ses fournisseurs (maraîchers, brasseurs et autres éleveurs) puissent venir vendre leurs productions. 
 
Dans une petite rue du Vieux-Lille, des clients arrivent avec leurs cabas au restaurant Le Bloempot, où des maraîchers déballent leurs caisses. Athénaïs et Joachin sont employés à La ferme des 1.000 couleurs à la frontière belge : "D'habitude en temps normal, sans confinement, on vend au restaurant. Ce n'est pas facile parce que le champ, lui, n'est pas confiné", témoigne la jeune femme, tandis que Joachin trouve cela "sympa de faire découvrir des choses aux clients". Tous deux s'accordent pour dire que cette solution leur permet de limiter leurs pertes. 

Chaque semaine, Florent Ladeyn, le chef, laisse donc les clés à ses fournisseurs locaux, touché de retrouver de la vie dans sa cuisine : "Ça me fait vraiment plus plaisir de voir ma cuisine utilisée en épicerie que vide. C'est un lieu de vie, c'est les producteurs qui sont là, c'est des gens de Lille qui peuvent venir profiter de bons produits", se réjouit-il.

Athénaïs, employée chez un maraîcher à la frontière belge.
Athénaïs, employée chez un maraîcher à la frontière belge. Crédit : Franck Antson / RTL

Si nous on ne le fait pas, ces gars-là vont crever

Florent Ladeyn
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Sur le comptoir, des brasseurs du Nord viennent aussi vendre leurs bières. Au fond Charles-Henry Terrier, boucher à Méteren, propose quant à lui son agneau boulonnais, et autres steaks de rouge flamande : "On a quand même une bonne activité avec les restaurateurs, donc c'est quand même pénalisant. On travaille en circuit-court, on a directement nos éleveurs, eux ils ont un élevage, on a besoin d'une certaine quantité et ils ont besoin de nous aussi pour vivre".

En effet, avec la fermeture de ces restaurants c’est toute une filière qui est fragilisée, et Florent Ladeyn, ce chef qui se démarque par une cuisine entièrement locale, défenseur de ce terroir des Flandres, en a bien conscience. Même si ses restaurants sont à l’arrêt forcé, c’est "vital" pour lui de soutenir ses producteurs et cette économie vertueuse : "Je choisis de continuer à faire vivre ces producteurs au travers de mes clients, en m'effaçant parce que je n'ai pas d'autre choix que de m'effacer aujourd'hui. Aujourd'hui c'est vital, si nous on ne le fait pas, ces gars-là vont crever et si ces gars-là crèvent, mon travail demain n'aura pas le même sens".

Florent Ladeýn, chef du Bloempot, qui permet à ses fournisseurs de vendre leurs produits dans son restaurant fermé. Crédits : Franck Antson / RTL |
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Florent Ladeýn, chef du Bloempot, qui permet à ses fournisseurs de vendre leurs produits dans son restaurant fermé. Crédits : Franck Antson / RTL |
Charles-Henry Terrier, boucher à Meteren dans les flandres. Il fournit plusieurs restaurants et se félicite de cette initiative qui permet d'écouler ses viandes, issues d'éleveurs nordistes. Crédits : Franck Antson / RTL |
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Poursuivre l'initiative après la crise sanitaire ?

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Et les clients jouent le jeu, chaque samedi matin, il y a une file d’attente. Cette semaine, il y avait Vincent, un Lillois miraculé de la Covid-19 : "Je suis passé par la case Covid grave, je vois la vie différemment, j'ai failli mourir au mois d'avril. C'est un acte de solidarité, c'est un retour des marchés qu'on avait dans les années 60. C'est le soutien des locaux qui nous anime le plus", raconte-t-il.

Il reste encore au moins deux mois à attendre pour Florent Ladeyn et ses équipes, avant de renfiler leur tablier, et l’initiative pourrait se poursuivre même après le confinement : "J'adorerai à la sortie de crise pouvoir continuer cette opération-là le dimanche matin par exemple, parce que pour mes producteurs ça peut être une rente supplémentaire, parce qu'on ne pas effacer les effets économiques de cette crise sanitaire en quelques semaines ou en quelques mois", conclut le restaurateur. 

Des brasseurs du Nord qui se sont installés dans la cuisine du restaurant.
Des brasseurs du Nord qui se sont installés dans la cuisine du restaurant. Crédit : Franck Antson / RTL
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