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Pouvoir d'achat : qui sont ces Français "les plus aisés" à avoir bénéficié des mesures fiscales du gouvernement ?

Le niveau de vie de tous les Français a augmenté mais les mesures sociales et fiscales décidées par le gouvernement en 2020 et 2021 ont davantage profité à la moitié de la population la plus aisée qu'à la moitié la plus modeste, selon le rapport annuel de l'Insee.

Insee -France, portrait social 2022
Insee -France, portrait social 2022
Emmanuel Macron : les mesures sociales et fiscales du gouvernement ont surtout profité aux plus aisés
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Marie Guerrier

Chaque année, l'Insee, l'Institut National de la Statistique et des Études Économiques, publie France, portrait social. Dans son rapport 2022, elle met l'accent sur l'impact des mesures sociales et fiscales de 2020 et 2021 sur le niveau de vie des Français et elle dresse le profil des bénéficiaires de l'aide alimentaire estimé à plus de 3 millions. 

Le niveau de vie des Français a augmenté de 1,1% soit 280 euros en moyenne par an et par personne. Pour la moitié de la population la plus aisée, dit l'Insee, le gain est de 420 euros en moyenne et pour la moitié de la plus modeste, le gain est de 130 euros en moyenne. Le gain est plus important pour les ménages qui sont imposables car ils ont payé moins d'impôts. Les mesures prises en 2020 et 2021 sont à 90% fiscales. Elles ont eu plus d'impact que les mesures sociales. 

Les baisses d'impôt (la disparition progressive de la taxe d'habitation et la révision du barème de l'impôt sur le revenu) ont particulièrement profité aux Français que l'Insee classe parmi les plus aisés. L'Institut sépare la population en deux catégories : les plus modestes d'un coté, les plus aisés de l'autre. Chacune de ces deux catégories sont divisées en tranches, le terme exacte est : décile.  

Le gouvernement assume d'avoir ciblé les classes moyennes laborieuses qui paient des impôts.

La première tranche - le premier décile -  dans la catégorie des plus aisés commence à 1.923 euros net par mois et par personne. C'est ce qu'on appelle le niveau de vie, ce qui reste de disponible pour vivre après paiement des cotisations et des impôts. On constate, sur les graphiques de l'Insee, que c'est surtout à partir de cette tranche à 1.900/2.000 euros que les mesures prises par le gouvernement ont été les plus profitables. Le gouvernement assume d'avoir ciblé les classes moyennes laborieuses qui paient des impôts. 

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La baisse de l'impôt sur le revenu a augmenté le revenu disponible de 15,3 millions de ménages pour un montant total de 5,4 milliards d'euros. En 2020, la poursuite du dégrèvement de la taxe d'habitation a profité aux ménages de niveau de vie intermédiaire (17,2 millions de ménages) et en 2021 aux ménages aisés (6,2 millions). 

Les aides sociales en 2020 et 2021 ciblaient la moitié la plus modeste de la population. C'est en 2020 que le gain en niveau de vie est le plus notable, avec une hausse de 220 euros en moyenne pour les 20% des ménages les plus modestes. Mais il s'agissait pour la plupart d'aides exceptionnelles pour atténuer les effets de la crise sanitaire, notamment la majoration de l'allocation de rentrée scolaires, qui n'a pas été reconduite en 2021; les aides exceptionnelles en 2021 pour faire face à la hausse de coût de l'énergie ont eu un impact plus faible : l'indemnité "inflation" de 100 euros, l'augmentation du chèque énergie.

Donc, sur l'ensemble des deux années 2020 et 2021, quand on regarde décile par décile, les gains de niveau de vie sont de : 110 euros sur un an (+1,1%) à partir de 833 euros/mois et par personne. 100 euros (+0,7 et 0,6%) pour les deux tranches suivantes (1190 euros/mois et 1389 euros/mois). 140 euros (+0,7%) à partir 1.667 euros/mois. 210 euros (+1%) à partir de 1.750 euros/mois. 300 euros ((+1,3%) à partir de 1923 euros/mois. 400 euros (+1,5%) à partir de 2.222 euros/mois. 490 euros (+1,6%) à partir de 2552 euros/mois, c'est le gain le plus fort. 470 euros (+1,3%) à partir de 3.013 euros/mois et 430 euros (+0,7%) à partir de 5.119 euros par mois. 

3,2 à 3,5 millions de bénéficiaires de l'aide alimentaires des associations.

L'Insee a enquêté en novembre et décembre 2021 dans les centres de distribution d'aide alimentaire par les associations et estime qu'il y a eu l'hiver dernier entre 3,2 millions et 3.5 millions de bénéficiaires. 52% sont âgés de 25 à 49 ans. 10% ont plus de 65 ans. 44% sont des personnes immigrées. 19% des recourants à cette aide en nature disent n'avoir personne sur qui compter. Un tiers confie qu'il va se coucher en ayant faim

La situation familiale, le logement, le statut migratoire influencent le type de recours à l'aide alimentaire. 71% des bénéficiaires fréquentent les distributions de colis alimentaires, 28% vont dans les épiceries sociales et solidaires. Cela concerne essentiellement des familles avec logement et des mères qui élèvent seules leur enfants. 12% ont recours à la distribution de repas, le plus souvent de hommes seuls au profil le plus précaire. (ça ne fait pas 100% parce que certains ont recours aux différentes types d'aide alimentaire) 

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