2 min de lecture Orthographe

La subtilité du verbe "Ouïr" : Oyez Morel et Devos

En cette période de fêtes, Muriel Gilbert nous parle d’oie - pas d’oie à foie gras - d’oie qui oit, à la mode François Morel et Raymond Devos.

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La subtilité du verbe "Ouïr" : Oyez Morel et Devos Crédit Image : PIERRE VERDY / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Muriel Gilbert
Muriel Gilbert édité par Louis Rigaudière

Vous allez voir, amis des mots, que c’est un vrai bonbon sur la langue française que je vous offre ce matin. L’idée m’en est venue la semaine passée, quand Stéphane Carpentier m’a dit, en lançant ma chronique, qu’il était "tout ouïe". Je me suis dit, tiens, c’est bizarre, ce mot, "ouïe", ça se prononce comme le oui de oui ou non, mais ça s’écrit de manière alambiquée, avec un mignon tréma sur le i et un e muet final. Et puis, l’ouïe, ça désigne à la fois l’audition et un organe des poissons. 

J’étais bien décidée à me lancer dans une investigation approfondie. Et puis paf, quasiment en sortant de RTL, je vais voir le spectacle de François Morel en hommage à Raymond Devos, qui s’appelle J’ai des doutes. Vous savez, parfois, la langue française vous fait des signes, enfin, moi, elle m’en fait ! Et voilà que, tout au début du spectacle, un délice de jonglage de mots et de musique, évidemment, avec ces deux sorciers de l’humour et de la poésie, Morel et son complice Antoine Sahler se mettent à chanter ce célèbre sketch de Raymond Devos sur le verbe ouïr. 

Souvenez-vous, il y évoque notamment les oies, en cette période de fêtes où le goût des Français pour le foie gras leur fait passer quelques mauvais quarts d’heure. "Le verbe ouïr, au présent, ça fait j’ois (…), disait Devos. J’ois, tu ois, il oit (…). Et qu’oit l’oie ? Elle oit ce que toute oie oit. Et qu’oit toute oie ? Quand mon chien aboie le soir au fond des bois, toute oie oit ouah-ouah". 

Des verbes défectifs

Eh oui, ouïr, est un verbe très difficile à conjuguer. C’est exactement ce qui amusait Devos. En fait, c’est ce que l’on appelle un "verbe défectif", un verbe en voie de disparition, de plus en plus souvent remplacé par entendre, et qui n’existe plus qu’à certains temps et dans certaines utilisations figées. On ne dit plus, notamment, "j’ois, tu ois, il oit".

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En revanche, on dit encore, mais plutôt par plaisanterie, "oyez braves gens", "par ouï-dire", "j’ai ouï dire", ou ce que me disait Stéphane la semaine passée : "je suis tout ouïe" - mais là bien sûr, ce n’est pas le verbe, c’est le nom, l’ouïe, qui lui s’utilise encore, en concurrence avec son synonyme l’audition.

Et pour les poissons ?

Et les ouïes des poissons, au fait ? Eh bien figurez-vous que les ouïes des poissons ont la même provenance, parce que ces deux fentes qui se trouvent de chaque côté de leur tête ont été prises pour des oreilles. 

Quant au spectacle de François Morel, il s’appelle J’ai des doutes, et oyez, braves gens, je n’ai aucun doute que vous comblerez tout ami des mots à qui vous offrirez le bonheur d’y assister. Rouen, Agen, Toulon, Cahors, Saint-Malo, Rambouillet, Sainte-Maxime, il est en tournée dans toute la France : vous allez vous régaler !

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