3 min de lecture

La carte scolaire vient d’être dévoilée : comment se décident les fermetures de classes ?

La carte scolaire 2026 fixe les ouvertures et fermetures de classes pour la prochaine rentrée. Prévisions d’effectifs, baisse démographique, rôle de l’Éducation nationale et des communes : voici comment sont prises les décisions, avec de fortes disparités selon les territoires.

Est-ce qu'il y aura un enseignant devant chaque classe à la rentrée scolaire 2025 ?

Crédit : MerinoPhotos Canva

3.700 classes de maternelle et de primaire fermées à la rentrée

00:01:58

Hortense Crépin & Athénaïs Cornette de Saint Cyr

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

La carte scolaire - qui définit la distribution des moyens d’enseignement ainsi que les ouvertures et les fermetures de classes  - vient d'être dévoilée par le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray, avec 160.000 élèves en moins à la rentrée. 

Selon les estimations de la FSU-SNUipp, premier syndicat des enseignants des écoles, ce sont environ 3.700 classes de maternelle et de primaire qui devraient ainsi fermer en septembre, contre 2.400 l’an dernier. Mais comment fonctionne cet outil aux mains de l'État et des communes ?

La préparation de la carte scolaire dure environ un an. Le processus commence dès le mois d'octobre, avec les premières prévisions d'effectifs pour la rentrée suivante, à partir d'informations utiles sur les naissances, les déménagements, les projets immobiliers ou encore l'implantation d'entreprises, dont disposent les mairies. 

En décembre, le ministère de l'Éducation nationale communique le volume de postes d'enseignants pour la rentrée. Puis, en fonction de ces données, l'inspection académique décide au mois de janvier de l'ouverture ou de la fermeture des classes, même si ces prévisions peuvent être ajustées jusqu'en juin.

À lire aussi

Si cette suppression de classe n’entraîne pas la fermeture d'une école, la décision relève uniquement de l’Éducation nationale, par l'intermédiaire des directeurs académiques. Dans le cas contraire, un vote du conseil municipal de la commune, ou, s’il s’agit d’un collège ou d’un lycée, du département ou de la région concernée, est nécessaire.

3.700 classes fermées selon la FSU-SNUipp

Pour la rentrée scolaire de septembre 2026, environ 3.700 classes de maternelle et de primaire vont être concernées par une fermeture, d'après les estimations de la FSU-SNUipp. À ce stade, aucun chiffre officiel n'a néanmoins été communiqué. 

Ces suppressions s'expliquent principalement par la baisse démographique. Selon le ministère de l'Éducation nationale, le nombre d'élèves devrait diminuer de 160.000 à la rentrée: 125.400 dans le premier degré et 36.200 dans le second degré. "La baisse serait principalement portée par la maternelle, où l'arrivée des enfants nés en 2023 - génération nettement moins nombreuse - entraînerait à elle seule un recul de 46.500 élèves en petite section", peut-on lire sur leur site. 

Par ailleurs, tous les départements ne seront pas touchés de la même manière. Dans le premier degré, "les baisses à dix ans s'échelonneraient de - 29,3 % pour l'académie de Paris à - 4,5 % pour Mayotte. L'académie de Lille perdrait 20,7 % de ses effectifs, l’académie de Nancy-Metz 22,1 %. À l'inverse, les académies de Nice et Nantes connaîtraient des baisses plus limitées, autour de 12 %".

"Une expérimentation inédite"

Le ministère a par ailleurs annoncé, jeudi 23 avril dans un communiqué de presse, une "expérimentation inédite" dans 18 départements (l'Aisne, les Hautes-Alpes, le Cantal, la Charente, les Côtes-d'Armor, le Doubs, la Drôme, le Finistère, la Gironde, l'Indre, la Loire-Atlantique, la Manche, la Meurthe-et-Moselle, le Pas-de-Calais, la Saône-et-Loire, les Yvelines, le Tarn-et-Garonne et la Martinique). 

Désormais, à partir d'une projection démographique pluriannuelle, les différents acteurs de ces territoires seront en charge de définir conjointement leur carte scolaire selon certains critères, notamment les effectifs attendus et les contraintes de transport. Ces prévisions seront par la suite présentées en loi de finances.
 
"Nous inversons la logique en partant du terrain et des réalités démographiques et géographiques de chaque territoire, pour construire ensuite le futur schéma d'emploi local. Cette nouvelle approche replace pleinement l'École au cœur des enjeux d'aménagement du territoire, avec une vision à long terme", a déclaré Édouard Geffray. 

L'équipe de l'émission vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info