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"Nous refusons de créer une hiérarchie entre les crimes contre l'humanité" : Barrot justifie l'abstention de la France lors de la résolution de l'ONU sur l'esclavage

Cette résolution de l'ONU, adoptée fin mars, proclame la traite des esclaves africains comme crime le plus grave contre l'humanité. Le ministre des Affaires étrangères français a appelé à un "travail de mémoire et de vérité".

Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères, le 20 avril 2026

Crédit : Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP

AFP - édité par Justine Audollent

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La France s'est abstenue lors du vote d'une résolution de l'ONU qui proclame la traite des esclaves africains comme crime le plus grave contre l'humanité car elle "refuse de créer une hiérarchie entre les crimes contre l'humanité", a déclaré vendredi 24 avril à l'AFP, Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères.

"Si nous nous sommes abstenus sur cette résolution, c'est parce que nous refusons de créer une hiérarchie entre les crimes contre l'humanité, de mettre en compétition les souffrances que ces abominations et ces crimes continuent de provoquer aujourd'hui", a affirmé le chef de la diplomatie française. 

Mais "il est indispensable, si nous voulons construire un avenir en commun, de pouvoir faire ce travail de mémoire et de vérité sur notre passé, dans ses facettes positives comme dans ses facettes les plus sombres", a-t-il ajouté. 

Un processus pour réparer les torts du passé

La résolution, adoptée fin mars par 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (dont le Royaume-Uni et les États membres de l'Union européenne), déclare "la traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage racialisé des Africains" comme "les plus graves crimes contre l'humanité", condamnant cette "injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l'humanité". Le texte était porté par le président ghanéen John Mahama, dont le pays a été le premier du continent à accéder à l'indépendance en 1957.  

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L'esclavage transatlantique a organisé le commerce de millions de personnes d'Afrique de l'Ouest et centrale. La résolution de l'ONU appelle les États à s'engager dans un processus de justice pour réparer les torts du passé, notamment des excuses formelles, des compensations pour les descendants des victimes, des politiques de lutte contre le racisme et la restitution des biens culturels et spirituels pillés. 

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