2 min de lecture

"Avec sac à dos et doudou" : dans les Alpes-Maritimes, un maire s'inscrit en maternelle pour protester contre la fermeture d'une classe

À Breil-sur-Roya, le maire proteste contre la fermeture d'une classe de maternelle par une inscription symbolique avec son conseil municipal. La commune invoque des effectifs en hausse, l'académie défend sa décision.

École maternelle française (illustration).

Crédit : Arnaud Paillard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Jérémy Descours & AFP

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

À Breil-sur-Roya, dans les Alpes-Maritimes, la colère monte contre la fermeture annoncée d'une classe de maternelle. Pour protester, le maire Sébastien Olharan et l'ensemble de son conseil municipal ont décidé de s'inscrire symboliquement à l'école de la ville

Ce lundi 27 avril, à 8h, ils viendront en classe avec sacs à dos et doudous afin d'intégrer une salle de cours, pour illustrer selon eux les conditions difficiles qu'impliquerait le regroupement d'environ 50 enfants sur seulement deux classes.

"Lundi à 8h00, avec les 18 autres élus du conseil municipal, nous viendrons tous à l'école du village avec notre sac à dos et notre doudou et nous rentrerons dans l'une des trois classes de maternelle", a déclaré l'élu divers droite.

Des effectifs en hausse selon le maire

Cette action symbolique s'inscrit après plusieurs démarches auprès des autorités et des mobilisations de parents d'élèves. L'élu divers droite Sébastien Olharan et ses adjoints dénoncent une décision de l'inspection d'académie de supprimer l'une des huit classes de cette école. 

À lire aussi


La commune de Breil-sur-Roya, 2.400 habitants, fait partie des villages touchées par la tempête Alex qui avait fait dix morts, huit disparus et des dégâts considérables dans les vallées de la Roya, de la Tinée et de la Vésubie en octobre 2020.

Son maire soutient que l'académie lui avait promis, en échange l'an dernier de la "primarisation" de l'école (le regroupement des sections de maternelle et des classes élémentaires au sein d'une école primaire), qu'aucune classe ne serait fermée.

"Pour moi, la parole de l'État a une valeur. On pourrait le comprendre si nos effectifs baissaient mais nous aurons 161 enfants à la rentrée prochaine alors qu'ils n'étaient que 135 en 2021", remarque l'élu.

"Je ne me suis jamais engagé pour les années suivantes"

De son côté, l'inspection d'académie des Alpes-Maritimes estime les effectifs à 145 élèves et indique que la fermeture d'une classe reste cohérente avec la situation. 


"J'aurais pu dès l'an dernier fermer une classe mais je ne l'ai pas fait pour accompagner la primarisation, et je ne me suis jamais engagé pour les années suivantes", assure l'inspecteur d'académie des Alpes-Maritimes, Laurent Le Mercier

"Avec cette suppression de classe, la moyenne de l'école sera à 20,7 enfants par classe contre 20,5 en moyenne pour les zones rurales du département et 22,2 pour le département en général", observe l'inspecteur, qui suggère d'organiser différemment les sept classes restantes de manière à faire baisser la moyenne en maternelle.

Il précise qu'un poste ne sera pas supprimé mais transformé en poste dédié aux élèves allophones. Mais Sébastien Olharan réplique que cet enseignant dédié n'intervient qu'en élémentaire et peut être amené à tourner dans les autres villages de la vallée qui accueillent eux aussi des enfants de demandeurs d'asile.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info