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L'ombre du burn out parental pour les anti Violences Éducatives Ordinaires

Les anti-VEO (Violence Éducative Ordinaire) sont des parents qui appliquent une éducation positive poussée à l’extrême, parfois jusqu’à l’épuisement.

Une mère et sa fille (illustration).
Une mère et sa fille (illustration).
Crédit : Maskot / GETTY
Violences Éducatives Ordinaires : l'ombre du burn out parental pour les anti-VEO
03:26
Violences Éducatives Ordinaires : l'ombre du burn out parental pour les anti-VEO
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Isabelle Choquet - édité par Florise Vaubien

Les VEO, Violence Éducative Ordinaire, ont été interdites par la loi, notamment la fessée. Sur les réseaux sociaux, on trouve désormais des groupes anti-VEO. Ce sont des adeptes de l'éducation positive qui poussent très loin la bienveillance parentale, rapporte Le Figaro.

Il y a par exemple Anaëlle, qui est au parc avec ses enfants et qui poste ce message indigné : "Entre la mère qui menace son gamin de punition parce qu'il ne veut pas aller dans la poussette, et les 90% de parents qui sont constamment sur le dos de leur enfant : 'Dépêche-toi de descendre du toboggan, d'autres enfants attendent'… Mais c'est quoi leur problème? On est clairement dans la violence psychologique", peut-on lire. 

Cette publication vous étonne ? Vous ne voyez pas où est le problème? Pourtant, ce type de comportements figure effectivement sur la liste des Violences Éducatives que l'on trouve sur certains sites comme Enfance Épanouies, et la liste est très longue. 

Violences physiques et psychologiques

Dans les violences physiques, on note : donner une tape sur la main mais aussi laisser pleurer son enfant, le forcer à manger ou même le moucher et le débarbouiller sans prévenir. Dans les violences psychologiques : hausser le ton, mettre au coin, forcer un môme à mettre les habits qu'on lui a préparés et même le chatouiller alors qu'il crie "arrête, arrête".  Il y a aussi une catégorie "douces violences" : donner des surnoms ou demander à un gamin de se dépêcher.

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Derrière cette liste, se trouve une logique : traiter l'enfant comme un adulte et ne pas lui faire subir ce qu'on ne supporterait pas soi-même. Mais en même temps, ne pas oublier que c'est un enfant, c'est-à-dire lui laisser certaines libertés que nous n'avons pas, nous les grands. On retrouve ainsi le droit de piquer une crise n'importe où et pour n'importe quoi. Ce n'est pas une colère, non, c'est une tempête émotionnelle et il faut l'aider à la traverser.

L'idée défendue est donc la suivante : "Je n’impose rien à mon fils de 3 ans sans me demander si je le fais pour son bien ou pour avoir la paix. S'il veut boire dans un verre bleu et pas dans un verre jaune, je ne vois pas le problème. S'il me redemande le jaune, je lui redonne, j'aurai juste plus de vaisselle. On la fera ensemble". 

De son côté, une ancienne directrice de crèche témoigne des conséquences de ce type d'éducation : "Je voyais des parents épuisés qui passaient trois heures à essayer de convaincre leur enfant d’enfiler son manteau. Une mère se levait la nuit si son fils demandait à faire de la peinture", explique-t-elle.  

Un burn out parental

Ces parents le reconnaissent : "C’est épuisant d'essayer de bien faire". Tellement épuisant que certains atterrissent chez le psy voire aux urgences pour burn out parental. "Ils se scrutent en permanence pour savoir s'ils ne font pas du mal à l’enfant", dit une psychologue. "Ils ne se rendent pas compte que ce doute constant les insécurise", ajoute-t-il. 

On le comprend avec le témoignage de Madeline : elle parle des anti-VEO comme d'une secte. Des gens qui conseillent à des mamans de divorcer si le père ne suit pas le dogme. Car de toutes les façons, dans l'éducation positive, la mère est la seule figure dont l’enfant ait vraiment besoin. 

Madeline a quitté le mouvement après une tentative de suicide. "Je souffrais, et mon enfant souffrait" dit-elle. En effet, il n'est pas certain que cette stratégie profite aux petits. "Des parents viennent me voir parce que leur enfant est devenu violent", renchérit une thérapeute. "Il les empêche de parler, leur arrache le téléphone des mains", détaille la spécialiste. "Pour structurer un enfant, dit-elle, il faut des limites et des sanctions".

Des critiques balayées par Isabelle Filliozat, la psy référence de l'éducation positive. Selon elle, "nous oublions que les enfants essayent toujours de bien faire". Et quand on lui parle des excès de violences de certains mômes, elle accuse les perturbateurs endocriniens et les écrans qui font baisser le QI.

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