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Irlande du Nord : une tombe miraculeuse légendaire confirmée par la science

Chaque année des dizaines de milliers de personnes se pressent sur la tombe du père McGirr, en Irlande du Nord, car la terre est réputée pour son pouvoir de guérison. Par hasard, un scientifique a découvert qu'elle contient effectivement des antibiotiques aux vertus incroyables, selon "Society".

Illustration Irlande du Nord
Illustration Irlande du Nord
Crédit : AFP
Irlande du Nord : une tombe miraculeuse légendaire confirmée par la science
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Isabelle Choquet - édité par Thomas Pierre

"La légende, le prêtre et le savant". C'est une histoire assez incroyable où la légende rejoint la science. Une histoire racontée dans Society et qui nous emmène d’abord dans l’Irlande du XVIIIe siècle. À Boho, un petit village niché sur les rives du lac Longue Erne, dans ce qui est aujourd’hui l’Irlande du Nord.

C'est là que James, l’aîné des McGirr se fait ordonner prêtre par l’Eglise catholique. Il sera une figure de la résistance à la répression anglicane avant de se consacrer entièrement à sa paroisse mais aussi à la médecine. On le dit un peu sorcier, capable de tout guérir, de la gale au choléra. Et selon la légende, à son dernier souffle en 1815, il prononce  ces mots mystérieux : “Après ma mort, la terre qui recouvrira mon corps pourra guérir tout ce que j’ai pu guérir de mon vivant.”

Très vite, la tombe du père McGirr devient un lieu de pèlerinage, des dizaines de milliers de personnes s’y pressent, et aujourd’hui encore. Les pèlerins touchent la terre, ils la frottent sur leur peau, ils l’emportent pour la déposer sous leur oreiller. Depuis trois ans, ils sont de plus en plus nombreux, jusqu’à 200 personnes certains week-ends. Des gens désespérés, certains très malades. C’est qu’en octobre 2018, une étude scientifique est venue confirmer la légende.

Une légende confirmée par la science

Cette étude, on la doit à Gerry Quinn, il est microbiologiste et originaire de Boho. Pourtant sa grande découverte est le fruit du hasard. Quinn faisait partie d’un groupe international de chercheurs travaillant sur les streptomyces, des bactéries qui permettent de produire près de 60 % des antibiotiques. Ces streptomyces, il les a cherchés partout dans le monde, et il en a découvert dans le désert de Gobi, dans les steppes du Xinjiang, et dans les lacs salés de Bolivie. 

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Après ce tour du monde, Quinn prend quelques jours de repos bien mérités chez lui, à Boho, il en rapporte des échantillons de thym et des orchidées. Et quand il analyse la terre, surprise: non seulement le prélèvement contient des streptomyces, mais, en plus, 20 % produisent des antibiotiques, beaucoup plus que d’habitude.

Ces bactéries, on les connaît depuis 1943, époque où on développait constamment de nouveaux antiobiotiques. Mais depuis les années 80, on a arrêté, pas assez rentable. Et en quarante ans, les agents pathogènes ont eu tout le temps pour apprendre à résister. Aujourd'hui les germes multirésistants font 700.000 morts par an. Un chiffre qui pourrait atteindre dix millions en 2050. 

Des bactéries résistantes

Le Dr Quinn a travaillé sur les effets des streptomyces sur ces germes. Dans ses boîtes de culture, il a laissé la terre de Boho se battre contre une bactérie qui provoque la gangrène et la septicémie, et contre le staphylocoque doré qui cause la méningite et la pneumonie. Dans les deux cas, le germe n’a pas eu  le dessus. Autrement dit, les streptomyces de la tombe du père McGirr peuvent tuer ces germes qui résistent à tout. 

Quinn est alors retourné à Boho, au pied d’un “arbre à loques”, une tradition de la médecine parallèle. On y fixe des chaussures, des foulards, des colliers pour obtenir une guérison. En reniflant les guenilles, le chercheur a retrouvé la même odeur de sous-bois que dans la terre du cimetière. Pour lui, c’est clair: “Les plus grands miracles de la médecine folklorique et populaire peuvent être expliqués par les streptomyces”. 

Il va même plus loin: ces antibiotiques naturels seraient plus efficaces que ceux produits en laboratoire. “Les gens qui visitent ce lieu sacré touchent le sol, ils creusent", dit-il. "Ils amènent donc de nouveaux germes, et les antibiotiques présents dans le sol les utilisent pour développer de nouveaux mécanismes de protection.” Autrement dit : plus cette médecine parallèle est utilisée, plus elle est efficace.  Reste à reproduire les conditions de vie naturelle des bactéries. Gerry Quinn y travaille. Sur les rives du Longue Erne, l’air de rien, il tricote sa propre légende. 

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