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Inceste : comment se reconstruire après "cette barbarie" ?

Dans cet épisode de "Parlons Encore", le podcast de "Parlons-Nous", Caroline Dublanche et Paul Delair reviennent sur le témoignage de Marie-Odile, victime d'inceste.

Un enfant lors d'une séance avec un psychologue (image d'illustration)
Un enfant lors d'une séance avec un psychologue (image d'illustration)
Crédit : MICROGEN IMAGES / SCIENCE PHOTO LI / SMD / Science Photo Library via AFP
INÉDIT - "Parlons Encore" : L'inceste
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Inceste : Marie-Odile face au déni de sa famille
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Caroline Dublanche & Capucine Trollion

Le 21 novembre dernier, Marie-Odile a appelé l'équipe de Parlons-Nous. Elle a confié avoir été victime d'inceste, tout comme sa sœur, quand elles étaient enfants par leur père. Puis, il y a quelques années, c'est sa fille qui a porté plainte contre cette fois le beau-père de Marie-Odile. Et à ce moment-là, elle a fait face au déni de toute sa famille qui n'a pas voulu la croire, ni elle, ni sa fille.

"L'inceste, contrairement à une idée reçue, ne touche pas que les milieux défavorisés où il y aurait de l'alcoolisme ou un milieu un peu fruste. Tous les milieux sociaux sont concernés, mais il est beaucoup plus difficile de faire venir des travailleurs sociaux dans des milieux favorisés", explique Caroline Dublanche. 

Selon un sondage Ipsos de novembre 2020, un Français sur dix affirme avoir été victime de violences sexuelles durant son enfance. "Ces violences ont lieu dans 80% des cas au sein de la sphère familiale. Dans l'immense majorité des cas, les auteurs sont des hommes. Une note de "l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales", qui a été publiée en décembre 2020, montre que 95% des agresseurs sont de sexe masculin. Parmi les victimes, 77 % sont des filles, la moitié avait moins de quatre ans", poursuit la psychologue de Parlons-Nous. 

Quels sont les impacts ?

Les conséquences de l'inceste sont multiples : d'abord elles sont psychiques avec des "troubles du sommeil, de l'anxiété, la perte d'estime de soi, la dépression et les idées suicidaires", précise Caroline Dublanche avant de révéler qu'"une personne sur deux agressée sexuellement dans l'enfance a tenté de se suicider". Les conséquences physiques peuvent être "des douleurs chroniques, une fatigue chronique, des pathologies de l'appareil génital, des problèmes dermato, la liste est longue". 

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Pour décrire ce qui se passe, ce qu'est l'inceste, il y a le livre Une semaine de vacances de Christine Angot. Elle y décrit "de façon clinique la réalité de l'inceste. Elle ne nous livre pas ses états d'âme. Il n'y a pas de psychologie, mais des faits bruts. C'est un livre que tous les professionnels qui travaillent avec des enfants devraient lire vraiment", ajoute Caroline Dublanche. 

En réponse aux critiques faites sur le livre de Christine Angot la psychanalyste Claude Halmos a écrit un article après avoir lu le livre. "Claude Halmos dit que dans l'inceste, il y a une mise à mort de l'être qui est réduit à n'être pour l'abuseur, qu'un objet dont il joue, dont il se joue et dont il jouit. L'inceste, de fait, a quelque chose à voir avec la barbarie (...) L'enfant n'a plus sa place d'enfant dans une famille où il y a de l'inceste. Mais ces critiques (sur le livre de Christine Angot, ndlr) en disent long sur finalement notre société qui, dans son ensemble, a du mal à entendre que ces violences-là ont, dans 80 % des cas, lieu au sein de la sphère familiale", rapporte Caroline Dublanche. 

Est-il possible de se reconstruire après "cette barbarie" ?

"Bien sûr qu'il est possible de se reconstruire (...) pour sortir de ces psychotraumatismes si profonds, il est important d'avoir affaire à des professionnels qui connaissent cette réalité-là, qui sont formés même à cette dimension-là", rassure Caroline Dublanche. Les professionnels sont les psychologues, psychiatres, personnels de santé, pédopsychiatres. Il y a aussi des professionnels de la justice, des avocats et bien sûr des associations qui soutiennent les victimes dans leur parcours juridique. 

"Lorsqu'on a connaissance qu'un enfant est victime de ce type de violence, toute personne a le devoir de signaler ces faits, que ce soit des personnes comme toi et moi extérieur, mais aussi ça peut-être le médecin généraliste, une assistante sociale, une enseignante", rappelle la psychologue de Parlons-Nous. 

Il n'est jamais trop tard pour parler

Caroline Dublanche

"Il y a un message important à faire passer, c'est qu'il n'est jamais trop tard pour parler, pour demander de l'aide. Et je le dis d'autant plus que souvent, dans ces cas de traumatismes anciens qui ont lieu dans l'enfance, les victimes à l'âge adulte, on le voyait avec Marie-Odile pensent que parfois, c'est le passé et qui faut le laisser au passé. Non. Donc, il n'est jamais trop tard pour contacter ces associations d'aides aux victimes et pour se faire accompagner psychologiquement, si ce n'est plus possible juridiquement du fait de la prescription", conclut Caroline Dublanche. 

Pour contacter l'équipe de "Parlons-Nous" :

Si vous souhaitez vous aussi vous confier à Caroline Dublanche :

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