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Hôtellerie-restauration : le secteur peine à recruter pour la période estivale et se tourne vers la Tunisie

REPORTAGE - À Honfleur, les restaurateurs n'arrivent pas à recruter de saisonniers et doivent chercher des candidats à l'étranger.

Un restaurant vide (illustration)
Un restaurant vide (illustration)
Crédit : VALERIE MACON / AFP
Hôtellerie-restauration : le secteur peine à recruter pour la période estivale et se tourne vers la Tunisie
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Nicolas Burnens - édité par Alexandre Bozio

Depuis la crise liée à l'épidémie du coronavirus, le secteur de l'hôtellerie et de la restauration attire de moins en moins de saisonniers. Dans un milieu où les conditions de travail sont parfois dures, les salaires peu attractifs et les horaires souvent décalés, les patrons ont logiquement de plus en plus de mal à trouver des jeunes motivés à l'idée de travailler en salle ou à la plonge. 

RTL s'est rendu à Honfleur dans le Calvados pour y rencontrer Marie-Pierre, qui gère un restaurant atypique situé dans un cadre idyllique. Malgré cela, elle et son fils n'arrivent pas à recruter de personnel pour cet été. "Habituellement nous sommes 25 à cette époque et là nous sommes 14", dit-elle. C'est donc elle qui aide parfois à servir ou à faire la plonge. "Quand j'appelle Pôle emploi, on vous annonce que vous êtes la 32e sur la liste à chercher un chef et qu'ils ont zéro candidature", explique Marie-Pierre.

De son côté, son fils lui se démène pour recruter en essayant de trouver du personnel du côté de la Tunisie. Ces employés seront payés selon les grilles salariales françaises et seront logés gratuitement sur place. Dans cette ville de Normandie, plus d'un restaurateur sur deux est encore à la recherche de saisonniers, alors que les vacances d'été commencent très prochainement. "Je me suis rapproché du Pôle emploi en Tunisie, deux jours après, j'ai eu une quarantaine de CV. Ce qui est compliqué, c'est les entretiens d'embauche, on se comprend très mal", explique-t-il. 

Vers un accord avec le gouvernement tunisien

C'est donc vers la Tunisie que se tournent les restaurateurs français. L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) souhaite même conclure, avec les autorités tunisiennes, une convention qui faciliterait les obtentions de visas. De nombreux étudiants souhaitent ainsi venir travailler dans l'Hexagone durant cette période estivale, alors que leur pays connaît un fort taux de chômage. 

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De telles dispositions sont mises en place parce que le secteur a perdu des effectifs depuis la crise de la Covid-19 et que le métier ne fait plus forcément rêver. À Honfleur, dans les restaurants bondés, certains serveurs témoignent de journées à rallonge où les heures supplémentaires ne sont pas toujours payées. À 21 ans, Brice entame déjà sa troisième saison. "On vient là pour 9h30. Le service commence vers midi, 200 couverts. On part 15h30/16h, on revient pour 19h et on va jusqu'à 23h30/minuit", dit-il, pour un salaire de 1.300 euros nets par mois.

Et ce n'est pas l'unique problème, affirme Pascal Peyrac de la CFDT. "S'ils ont besoin de recourir à des salariés étrangers, peut-être moins qualifiés que les salariés français, c'est qu'il y a forcément un problème d'attractivité des métiers. Premièrement, les salaires, mais aussi surtout les conditions de travail, du transport et la condition du logement", dit-il.

3.500 candidats

Parmi les candidats, Houssem, âgé de 20 ans, termine son BTS cuisine. "Je cherche un poste de niveau de commis de cuisine. Je serais payé 600 euros en Tunisie. En France, entre 1.500 et 2.000 euros. Je pense rester juillet, août et septembre", explique le jeune tunisien.

Et les étudiants ne manquent pas. À Tunis, Syrine Dimassi dirige une école dans le domaine de l'hôtellerie. Sur 120 diplômés cette année, plus de la moitié souhaitent travailler en France. "On a un taux de chômage qui est très élevé en Tunisie. Pour les jeunes qui sont très motivés, partir à l'étranger, c'est multiplier son salaire pour aider probablement leurs parents en Tunisie", explique-t-elle.

Pour l'instant, ce dispositif est réservé à 3.500 candidats, un chiffre marginal par rapport aux centaines de milliers de postes à pourvoir en France.

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