3 min de lecture Droits des femmes

Excision : "Ce n'est pas une tradition, c’est un crime horrible et misogyne", alerte Bescond

BILLET - Andréa Bescond se félicite de la récente pénalisation de l’excision au Soudan et souligne qu'en France, plus de 124.000 femmes auraient subi des mutilations génitales ces dernières années.

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Excision : "Ce n'est pas une tradition, c'est un crime horrible et misogyne", alerte Bescond Crédit Image : GEORGES GOBET / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Andréa Bescond édité par Gregory Fortune

Ces derniers jours, il y a enfin eu une recrudescence de bonnes nouvelles. Quelle joie ! Il y a eu le déconfinement et... et... et... C’est tout en fait. C’est pas vraiment ce qu’on appelle une recrudescence mais bon, c’est bien. Je cherche une autre bonne nouvelle. Pression, pression... Euh... Ah si, une bonne nouvelle, une vraie bonne nouvelle, c’est la pénalisation de l’excision au Soudan.

Alors, pour ceux qui ne savent pas ce qu’est l’excision, c’est l’ablation du clitoris d’une fillette ou d’une adolescente à la lame de rasoir, accompagnée généralement de l’ablation des petites lèvres et parfois même de la suture des grandes lèvres, tout ça sans anesthésie et sans antalgique évidemment. 

Imaginez, ce monde est tellement pourri, qu’on en vient à se réjouir que l’excision puisse être punie au Soudan de trois ans de prison et d’une amende. Trois ans de prison pour la mutilation des parties génitales d’une petite fille qui peut s’avérer mortelle, qui engendre un traumatisme psychologique terrible et, au mieux, entraîne des douleurs, des hémorragies, des infections, des problèmes urinaires et, à l’âge adulte, des complications lors des grossesses et accouchements, puis une diminution du plaisir sexuel. 

La France n'est pas épargnée

Enfin, quand je dis adulte, c’est pour être politiquement correcte, parce qu’évidemment il est rare qu’on attende que la jeune fille ait la maturité nécessaire pour lui imposer des actes sexuels ou pour lui imposer un mariage. Des violences qui peuvent durer la vie entière. Des vies gâchées. Nous sommes en 2020 dans notre monde...

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Mais on entendra "Oui, mais nous, en France, l’excision ça n’existe pas !". Et bien détrompez-vous ! En France, plus de 124.000 femmes auraient subi des mutilations génitales, deux fois plus que dans les années 2000. Vous avez bien entendu, deux fois plus que dans les années 2000.

Stratégies d’évitement

Alors, comme dans notre pays les bourreaux risquent dix ans d’emprisonnement, voire vingt si la mutilation est exercée sur une mineure - ils sont lâches mais pas totalement fous -, ils ont mis en place des stratégies d’évitement. Ils amènent la fillette ou l'adolescente au pays pour les vacances et procèdent à la mutilation sur leur terre d’origine.

On estime qu’une fillette sur trois est menacée si ses parents sont originaires d’un pays qui pratique l’excision. Et sachez que dans ces pays, que je ne vais pas citer car la liste est
malheureusement trop longue, le pourcentage de femmes mutilées avoisine les 90 %. 90% ! Nous sommes en 2020 dans notre monde...

Emmanuel Macron s’est engagé. Il a dit : "Nous veillerons aussi, pour les femmes françaises qui sont soumises à l’excision, à traquer partout ceux qui pratiquent cette barbarie, à aider les associations mais aussi les services médicaux qui réparent et protègent". Et il y a beaucoup de gens sur le terrain qui luttent contre ce drame en France.

Aider un enfant n’est pas une option messieurs-dames, c’est un devoir

Andréa Bescond
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Alors si tu m’entends et que tu es concernée par cette menace, sache que tu n’as pas à subir cette mutilation pour rendre fière ta famille, même si les gens que tu aimes te prétendent le contraire. L’excision n’est pas une tradition, c’est un crime horrible et misogyne. Des gens peuvent t’aider et te protéger.

Il y a des associations comme celle de Marion Schaefer qui s’appelle "Excision, parlons-en". L’association est présente sur tous les réseaux sociaux. Il y a une plateforme d’alerte sur laquelle tu peux demander de l’aide, alerte-excision.org. Tu tapes : plateforme d’alerte excision dans ton moteur de recherche, tu tomberas dessus.

Et si vous, nous, adultes, remarquons une menace de mutilation génitale sur une enfant, agissons, alertons. Excision, parlons-en ! Nous devons agir, car aider un enfant n’est pas une option messieurs-dames, c’est un devoir.

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