2 min de lecture Droits des femmes

Soudan : les femmes autorisées à porter des pantalons et à faire la fête

En pleine transition démocratique, le nouveau gouvernement soudanais a abrogé fin novembre une loi controversée restreignant sévèrement les droits des femmes depuis 30 ans.

Une jeune femme soudanaise, manifestant pour le droit de femmes le 25 novembre à Khartoum
Une jeune femme soudanaise, manifestant pour le droit de femmes le 25 novembre à Khartoum Crédit : Ashraf SHAZLY / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre et AFP

Les Soudanaises viennent de remporter une victoire majeure : celle de pouvoir s'habiller ou de sortir comme elles l'entendent. Le nouveau gouvernement de Khartoum a en effet annulé fin novembre une loi controversée restreignant sévèrement les droits des femmes depuis 1989.

En vertu de cette loi sur l'ordre public pour "actes indécents et immoraux", des milliers de femmes ont ainsi été fouettées, condamnées à des amendes et même emprisonnées pour "tenue indécente" ou consommation d'alcool, pendant le règne du président Omar el-Béchir. 

Dans les faits, cette loi était même utilisée comme une arme par le régime, selon des membres de la société civile. Le simple fait d'assister à des fêtes privées ou de porter des pantalons étaient passibles d'une arrestation par les forces de l'ordre. 

"Ils pouvaient arrêter les femmes qui dansaient, celles qui portaient des pantalons", note le Washington Post. "Les peines allaient des coups de fouets aux amendes et pouvaient même, dans de rares cas, être la lapidation ou l’exécution”, poursuit le quotidien américain.

Les femmes à l'origine des manifestations

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Arrivé au pouvoir en 1989 par un coup d'Etat soutenu par les islamistes, le Soudan a appliqué une version très rigoriste de la charia, la loi islamique, limitant considérablement le rôle des femmes dans le pays pendant des décennies.

Après des mois de contestation de son régime, Omar el-Béchir a été destitué par l'armée le 11 avril. Les femmes étaient à l'avant-garde de ces manifestations qui ont ensuite ciblé les militaires lui ayant succédé. 

Fin novembre, des centaines de Soudanaises étaient ainsi descendues dans les rues de Khartoum à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes, premier rassemblement de ce genre au Soudan depuis des décennies.

Le Soudan dans "une nouvelle ère"

Le nouveau gouvernement soudanais a dès lors promis qu'il défendrait les droits des femmes, principales victimes de l'adoption par le pays en 1983 de la loi islamique. Dans un tweet, le nouveau Premier ministre Abdallah Hamdok écrit : “cette loi a été utilisée pour exploiter, humilier et violer des droits fondamentaux."

"Elle a servi à asservir financièrement et psychologiquement. De nombreuses Soudanaises ont subi des préjudices intolérables. (…) Je leur rends hommage”, poursuit-il.  

"Une vraie victoire" pour les femmes

"Le gouvernement a tenu ses promesses. C'est une vraie victoire pour nous, pour le mouvement féministe au Soudan et pour les droits des femmes", a déclaré Tahani Abbas, éminente militante soudanaise des droits des femmes, en réaction à l'annulation de cette loi controversée.

"Beaucoup de femmes ont été fouettées et humiliées à cause de cette loi honteuse. Avec cette décision, le Soudan s'oriente maintenant vers une nouvelle vie dans laquelle les femmes peuvent jouir de la dignité", a-t-elle ajouté. Avec l'abrogation de cette loi, le Premier ministre semble en effet confirmer ‘l’avènement d’une nouvelle ère au Soudan.”

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