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EPR de Flamanville : quand le réacteur entrera-t-il service ?

ÉCLAIRAGE - EDF et l'Autorité de sécurité nucléaire, l'ASN, se livrent ce jeudi 20 juin à une passe d'armes concernant la date des réparations du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche). Un nouvel épisode de cette histoire sans fin.

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EPR de Flamanville : quand le réacteur entrera-t-il en service ? Crédit Image : AFP / Archives, CHARLY TRIBALLEAU | Crédit Média : RTL | Date :
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Générique 1
Jacques Serais et Sophie Joussellin

Quand le réacteur nucléaire EPR de Flamanville entrera t-il en service ? L'autorité de sûreté nucléaire, l'ASN, a demandé ce jeudi 20 juin à EDF de réparer huit soudures sur le réacteur de troisième génération toujours en construction dans la Manche. L'électricien avait demandé s'il était possible de reporter ces travaux vers 2024, après la mise en service du réacteur, mais s'est vu opposer un refus.

"Nous disons clairement à EDF que ces soudures doivent être réparées. La qualité de ces soudures n'est pas suffisante pour exclure le risque de rupture donc il faut les réparer", déclare Bernard Doroszczuk, le président de l'ASN, au micro de RTL.

Il poursuit : "Nous disons à EDF que le seul scénario réaliste de réparation c'est celui d'une réparation avant mise en service. Les exigences qui ont été fixées pour la qualité des soudures de ces tuyauteries sont totalement équivalentes aux exigences fixées, et qui ont été atteintes, pour les réacteurs de Olkiluoto en Finlande et de Taishan en Chine." 

Selon Bernard Doroszczuk, "il est donc tout à fait possible de réaliser ces soudures avec le haut niveau de qualité qui avait été proposé par EDF et accepté par l'ASN."

Une succession d'incidents

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L'EPR est supposé être un fleuron du nucléaire français conçu pour offrir une puissance et une sûreté améliorée. Mais cela fait 12 ans qu'on l'attend et ce n'est pas fini. Il va falloir attendre au moins trois ans de plus avant de finir les réparations, loin du scénario initial idyllique qui prévoyait un démarrage en 2012, cinq ans après la pose de la première pierre.

La construction de l'EPR s’est dès le début mal passée. En 2008, des fissures sont repérées dans le radier, le socle en béton qui supporte le réacteur. Un an après l'ASN constate un défaut de conception du réacteur. La sécurité ne serait pas assurée en cas d'incident. EDF retarde alors la mise en service de deux ans.

En 2011, les piliers de l'enceinte du réacteur sont bourrés de trous. Un an plus tard, le gendarme du nucléaire découvre des malfaçons, déjà des problèmes de soudure dans des pièces de 5 tonnes chacune. La mise en service est repoussée à 2016.

Des anomalies sont ensuite découvertes au niveau de la cuve et du couvercle. Des expertises et des contre-expertises sont effectuées. L'ASN tranche en 2017 : le couvercle est à refaire avant 2024. La mise en service est alors retardée à 2019.

Le dernier épisode en date concerne les soudures. EDF doit en refaire 150. L'électricien s'exécute, sauf pour huit d'entre elles placées entre les deux murs de l'enceinte de confinement. "On ne fera pas mieux", déclarait EDF. Mais, pour l'ASN, il va falloir faire mieux.

L'EPR devait coûter un peu plus de 3 milliards d'euros. Nous en sommes aujourd'hui à environ 14 milliards d'euros.

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