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En Turquie, Erdogan confisque un journal d'opposition

REPLAY - Le président turc Erdogan parvient à étouffer la voix des journalistes qui se plaignent de la répression dont ils sont victimes.

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0703_Pod RVP Crédit Image : Maxime Villalonga | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
et La rédaction numérique de RTL

Le contraste est saisissant. À la Une du journal, un magnifique pont en construction, qui a coûté 3 milliards de dollars. Juste à côté, un autre article, avec une photo du Président qui tient fièrement la main d'une vieille dame. Ce journal, c'est le journal le plus vendu en Turquie, Zaman. Et cette Une, c'est celle que l'on peut voir après un sacré tour de magie. Car la veille, le quotidien titrait "Jour de honte", pour parler de la répression dont ses journalistes venaient d'être victimes.

24 heures plus tard, Zaman obéit à la voix de son maître, les habituelles critiques contre le pouvoir ont cédé la place à des articles et des photos édulcorés, comme ce papier sur ce pont en construction ou ce reportage avec le président Erdogan dans une maison de retraite avant la journée de la femme. "Voici donc comment un journal d'opposition a été confisqué par Erdogan", comme l'explique Delphine Miniou dans le Figaro ce matin.

"Le rédacteur en chef a été limogé, internet coupé, accès aux archives numériques et courriels bloqués. Cette offensive anti Zaman s'inscrit dans une chasse anti Gülen, du nom de cet imam autrefois proche d'Erdogan et devenu son ennemi juré après un scandale de corruption. Zaman était réputé proche de ce dissident. Pour justifier leurs gestes, les autorités évoquent des raisons sécuritaires. "La Turquie est un État de droit, mais nous ne fermons pas les yeux face aux manœuvres d'une structure à l'intérieur de l'État qui tente d'utiliser la presse", justifie le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu". Celui-là même qui sera ce matin à Bruxelles pour le sommet sur les migrants qui fait la Une de la plupart des journaux ce matin. Sommet crucial, car les Européens ont besoin d'Erdogan pour résoudre cette crise, et c'est la liberté d'expression qui en fait les frais, résume dans le Figaro un opposant au pouvoir turc.

Semaine de vérité pour la loi Travail

Le mot "crucial" s'applique aussi à cette semaine qui commence pour l'exécutif concernant la loi El Khomri. Pour Le Figaro, c'est la "semaine de vérité", pour Les Échos, Valls est "sur le reculoir" face aux syndicats qu'il reçoit ce matin. "La voie apparaît plus étroite que jamais pour le Premier ministre en chute libre dans les sondages", analyse Dominique Garraud dans La Charente Libre.

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"Pour que la gauche politique et syndicale accepte l'idée qu'assouplir le licenciement pousserait les entreprises à embaucher, il faudrait qu'elle ait confiance en elles", assure Cécile Cornudet des Échos, qui note que "ce quinquennat restera comme une histoire de confiance ratée entre l'entreprise et la gauche et désormais entre la gauche et son gouvernement". Dans La Voix du Nord, Matthieu Verrier ironise sur la "nouvelle méthode" du Premier ministre et "le risque de mener dans une impasse, dont on sort seulement en reculant". "Pour sauver son image de réformateur, Manuel Valls devra désormais limiter la longueur de la marche arrière", s'amuse-t-il.

Dans Le Figaro, Paul-Henri du Limbert estime que l'essentiel, c'est que : "François Hollande et Manuel Valls tiennent bon, qu'ils aient la force d'âme nécessaire pour résister à leur propre camp. Il serait temps de comprendre que quelques frondeurs professionnels, quelques syndicats minoritaires et quelques jeunes égarés ou manipulés ne représentent qu'eux-mêmes, c'est-à-dire peu".

Vincent Bolloré et son propre code du travail

Le site internet Les Jours s'est procuré ce lundi 7 mars l'enregistrement du comité de management au cours duquel Vincent Bolloré a viré un tiers des cadres de Canal +. "Violence, élégance et croustillance", disent les auteurs de l'article, Raphael Garrigos et Isabelle Roberts. Dès le début de la réunion, le patron prévient que ceux qui sont assis au premier rang vont en fait remplacer ceux qui sont assis derrière et qui ne le savaient pas encore. Un peu plus tard, Bolloré reproche aux dirigeants de Canal de n'avoir pas su garder les talents maison comme Jamel Debbouze ou Omar Sy qui sont allés grandir ailleurs. Comment les en empêcher ? La recette de Vincent Bolloré, c'est de s'inspirer de ce que fait le groupe Vivendi dans le domaine musical. 
"Canal Plus, la voix de son maître", article à retrouver ce matin sur le site Les Jours.

Internet s'invite en maternelle

Le Parisien-Aujourd'hui en France dévoile ce matin un rapport de l'Institut Montaigne qui propose, pour lutter contre l'échec scolaire, d'introduire des tablettes à l'école dès le plus jeune âge. Ce serait la clef d'une école de l'individualisation, armée pour répondre aux difficultés de chacun. "Non", dit une institutrice réfractaire, "la maternelle doit rester l'âge de la socialisation. Attention à ne pas empêcher les tout petits d'entrer en contact avec les autres. Une tablette, dit-elle, ne lutte pas mieux qu'une agrafeuse contre l'échec. Ce qui compte, c'est ce qu'on fait, pas l'outil. Et on préférera toujours qu'un enfant écoute la voix de son maître ou de sa maîtresse, plutôt que celle de son iPad".

Retour sur la saga des Crados

Petit bijou de lecture comme chaque mois avec le magazine Doolitlle qui s'adresse aux parents qui se posent les vraies questions : "Dois-je empêcher mon enfant de manger ses crottes de nez ?", "Se faire tatouer le prénom de son enfant est-ce bien raisonnable ?", "À quelle sortie scolaire faut-il l'inscrire ?". Et puis il y a un reportage qui revient sur la saga de ces vignettes qu'on s'échangeait dans la cour de récréation dans les années 80 et 90. Lulu Poilue, Gudule Pustule, Mouche Armelle, Arnaud l'escroc, Tony Truan ou Mathieu le dégueu... C'était les Crados

Au dos des images, des certificats autorisaient l'heureux possesseur à tirer les nattes de sa voisine, à ne pas faire ses devoirs ou à recevoir le prix de la crasse. Les directeurs d'école de l'époque sont devenus fous à cause de ces autocollants, les enfants se les faisaient régulièrement confisqués, les parents leur interdisaient d'en acheter et le commandant Cousteau va même monter au front et rédiger un édito cinglant dans le magazine de sa fondation Calypso Log, dans lequel il disait : "Parents, si vous ne réagissez pas immédiatement et énergiquement contre cette pollution des esprits, ne vous étonnez pas si vos enfants partent à la dérive et finissent à la cocaïne". On parlait juste de vignettes crados... On n'imagine pas ce qu'il dirait aujourd'hui.

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2016-03-07 10:46:00
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