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Emploi : y a-t-il une remise en cause du télétravail dans les entreprises ?

Elon Musk ne veut plus que ses salariés soient en télétravail. Soit vous faites 40 heures au bureau, soit vous partez, voilà le message. Mais cette vision est-elle partagée par la majorité des employeurs ?

Le gouvernement invite les salariés à utiliser davantage le télétravail dès janvier.
Le gouvernement invite les salariés à utiliser davantage le télétravail dès janvier.
Crédit : Tom Werner / GETTY
Emploi : y a-t-il une remise en cause du télétravail dans les entreprises ?
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Martial You - édité par Thomas Pierre

On est toujours embêté avec Elon Musk. On ne sait pas si c’est de la provocation ou s’il a senti une tendance de fond. En gros, est-ce qu’Elon Musk dirait tout haut ce que beaucoup de patrons font tout bas : rapatrier leurs salariés au bureau ? 

En tout cas, (comme toujours avec Musk), c’est fait avec délicatesse. À quelqu’un qui lui demandait sur Twitter si ça n’était pas une vision un peu archaïque de demander la présence des employés à l’usine, il a répondu que les salariés qui voulaient absolument télétravailler n’avaient qu’à aller faire semblant de bosser ailleurs.
 
Y a-t-il une remise en cause du télétravail dans les entreprises ? Vous dire que les patrons aiment spontanément l’idée de savoir leurs salariés en train de travailler chez eux, ce serait faux. Mais il faut savoir de quoi on parle avec Elon Musk. On est aux États-Unis, dans l’univers de la Tech. Ce sont des activités où les salariés ont été mis à 100% au télétravail pendant toute la durée du Covid. 

Le télétravail baisse-t-il aux États-Unis ?

Quasiment deux ans sans mettre les pieds au bureau. Là, où c’est cocasse, c’est qu’Elon Musk envisage de racheter Twitter qui est l’une des dernières entreprises technologiques qui défend et encourage le télétravail à 100%. Pourtant, on sait (Et Elon Musk le sait) : dans l’univers créatif, on est meilleur pour élaborer des projets si on est tous autour de la même table.
 
Le télétravail baisse-t-il pour autant aux États-Unis ? Cette semaine, une étude américaine indique que 59% des américains qui peuvent télétravailler sont toujours à 100% chez eux. Mais la même étude signale aussi qu’on était à 71% en Octobre. Donc il y a bien une érosion du télétravail aux États-Unis.

Quelle tendance en France ?

Est-ce la même tendance en France ? Abandonne-t-on le télétravail ? Non, parce qu’on est parti de beaucoup plus bas. En 2019, avant le Covid, vous aviez 3% de salariés qui étaient en télétravail au moins une fois par semaine. Aujourd’hui, c’est 25%. La pandémie a évangélisé le télétravail. On est, en général, sur deux jours par semaine. Et c’est largement plébiscité par les employés : 9 sur 10 veulent continuer selon une enquête de l’APEC qui s’occupe des cadres. 

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Le télétravail devrait-il donc progresser dans les entreprises françaises ? Pas sûr. Un peu de télétravail, c'est bien. Un quart de salariés qui restent à la maison deux jours améliorent la productivité de 5 à 9%. Au-delà, il semble qu'on perde en efficacité. Et justement, les entreprises ont mis des clauses de revoyure sur les accords Télétravail pour faire le bilan. Des réunions vont donc se tenir à la rentrée. L’Association Nationale des DRH voit arriver de plus en plus de demandes pour passer de deux à trois jours par semaine.

Vers 3 jours par semaine ?

Et les entreprises ne veulent pas vraiment de trois jours de télétravail hebdomadaires. Car vous avez un problème d’équité au sein de la même entreprise. Elon Musk le pointe d’ailleurs dans un de ses tweets. Il demande 40 heures de présence à ses salariés dans les locaux de Tesla, ce qui est moins (précise-t-il) que le temps de travail des ouvriers qui fabriquent les voitures.

Et c’est ça le problème : en France, sur 27 millions d’emplois, 18 millions ne sont pas télétravaillables. Ça crée donc un clivage entre les cadres en charentaises à la maison et les ouvriers à la chaîne ou au bureau. Et ça peut créer des tensions sociales dans l’entreprise. Surtout dans les PME.

Qui va l’emporter ? Les cadres qui veulent 3 jours de télétravail ou les ouvriers ? Le pouvoir est plutôt du côté des cadres qui demandent 3 jours. C’est vrai en France et aux Etats-Unis. D’ailleurs, Elon Musk lui-même prend un risque avec ses positions radicales sur le télétravail. Il prend le risque de voir ses cadres s’en aller à la concurrence.

Avantage pour les cadres

Aujourd’hui, il y a une pénurie de main-d’œuvre. C’est le plein emploi chez les cadres. Si une entreprise veut garder ses bons éléments, elle va devoir offrir plus de télétravail. Ça rejoint la notion de bien-être au boulot, la recherche de valeurs… Les jeunes y sont très sensibles. S’ils ne peuvent pas aménager leurs agendas entre bureau et maison, ils changeront d’employeur. 

C’est bien ce qu’a compris la compagnie Total quand elle a indiqué qu’elle réfléchissait à une semaine de 4 jours. Mais, encore une fois, ce n’est pas possible pour tous les postes.

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